I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.

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MessageSujet: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Dim 27 Mar 2016 - 22:00







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


Il ne restait plus que quelques petites semaines, maintenant, avant que l'année scolaire ne se termine. Enfin. Hope ne pouvait d'ailleurs cacher son soulagement, et sa joie, à l'idée que la quarantaine concernant les élèves soit enfin levée, pour de bon, et qu'elle puisse retourner à l'extérieur du château. Il n'y avait d'ailleurs rien de plus énervant, de son point de vue, que le fait d'être contrainte de ne pas sortir de l'enceinte de Poudlard. Les sorties à Pré-au-Lard ne semblaient plus être qu'un lointain souvenir, et, concernant les vacances de février et du printemps, elles s'étaient évidemment déroulées à Poudlard, au milieu de cette majorité d'incompétents qui emplissaient l'école de leurs bêtises, de leur stupidité et de leurs bavardages incessants, aussi. Le problème n'était pas vraiment que Hope détestait tout le monde, non, mais le fait est qu'elle avait été, de tout temps, habituée à une certaine élégance et à un certain standing, et elle ne parvenait pas à supporter la médiocrité. Et être contrainte de vivre au milieu de ces élèves qui bafouaient sans vergogne les valeurs sorcières les plus élémentaires, qui n'hésitaient pas à déshonorer l'école par leurs agissements stupides et les critiques qu'ils se plaisaient à formuler de vive voix, principalement concernant l'Aristocratie, ne l'enchantait guère.

Bien qu'étant une personne ouverte, qui admettait - ou du moins qui acceptait d'écouter - une opinion différente de la sienne, elle ne supportait toutefois pas que l'on s'attaque sans pudeur à discréditer des principes millénaires.  Et avec tout ce qui se passait à l'extérieur du château, entre les tensions existant tout aussi bien du côté des sorciers que du côté des moldus, les perquisitions qui se faisaient incessantes chez les plus éminentes familles de sorciers de sang-pur - familles que Hope connaissait bien évidemment - et les évènements des plus sanglants qui se déroulaient un peu partout en Grande Bretagne - tels que la boucherie de Manchester -, elle devait bien reconnaître qu'elle avait également de plus en plus de mal à supporter les tensions qui avaient lieu au sein même de l'école. Certes, elle savait bien qu'il y en avait toujours eu, et que ce serait toujours ainsi - à plus forte raison parce qu'elle avait également un peu contribué à ces tensions, quelques fois -, mais elle considérait toutefois que, sur certains points, cela n'aurait pas dû être. Du fait de son éducation, elle partait souvent du principe qu'une hiérarchie officieuse devait tout naturellement être installée entre les élèves des différentes classes sociales ; tout comme il y en avait une entre les élèves d'un niveau différent ; et comme il en existait une autre vis-à-vis des professeurs et du personnel de Poudlard. C'était... logique, quelque part.

Oh, elle n'aurait toutefois pas formulé cela à voix haute - pas sans raison, du moins - mais c'était ainsi qu'elle pensait, parce que c'était comme cela qu'elle avait été élevée. Par ailleurs, c'était également là la manière dont sa famille pensait, à la différence toutefois de sa mère et de son frère, aussi, sans doute. Mais en revanche, d'autres lui avaient appris à parler comme cela. Notamment Phinéas Beurk, son parrain, pour qui le respect des valeurs et des traditions était de la plus haute importance. En ainsi, comme Hope était de sang-pur, il était naturel qu'on lui montre un certain respect. Voici donc pour qu'elle raison elle ne supportait plus la mauvaise éducation de certains élèves. Oh, elle aimait beaucoup Poudlard, c'était une évidence, mais elle voulait plus que tout pouvoir quitter le château, afin de prendre un bol d'air qui ne serait pas de trop.


* * *

Ainsi, désireuse de prendre un peu l'air et de se changer les idées, elle avait pris la décision de sortir de l'école. Oh, évidemment, elle savait qu'elle ne pourrait toutefois pas aller bien loin, mais peut lui importait. Le tout était qu'elle puisse se changer quelque peu les idées et ne penser à rien d'autre qu'à ses livres, ne serait-ce que le temps de quelques heures. Ainsi, alors qu'il faisait si beau ce jour-là, malgré les quelques nuages noirs qui commençaient à menacer au loin, elle attrapa plusieurs livres, et elle partit en direction de la lisière de la forêt interdite, où elle comptait bien profiter du soleil tout en relisant quelques chapitres importants de son livre de Métamorphoses et d'autres tirés de son livre de Potions. Ainsi, elle s'installa donc au pied d'un arbre, s'adossa à son écorce, et commença sa lecture. Une légère brise lui caressa le visage, alors que le soleil réchauffait l'herbe tout autour. Il faisait bon.

Plusieurs élèves étaient présents, ce jour-là. Ils avaient certainement eu la même idée que Hope et avaient de toute évidence voulu profiter du soleil. Certains étaient allongés dans l'herbe alors que d'autres, comme elle, avaient choisis de s'abriter sous les arbres. Les discussions et les rires allaient bon train et, l'espace d'un instant, on aurait presque pu oublier la tension et la peur dans laquelle tous vivaient depuis plusieurs mois maintenant. C'était reposant, en fin de compte, de voir tous ces élèves si insouciants. Malheureusement, c'était là un luxe que Hope ne pouvait pas se permettre. Elle avait trop peur pour sa famille et ne pouvait ainsi décemment pas se laisser aller à l'insouciance ; et elle le regrettait.

Alexandre Wojcinska.

Le hasard faisant parfois bien les choses, par ailleurs, en parlant des regrets de Hope, l'un d'entre eux se trouvait à seulement quelques pas d'elle. Il lui avait suffit de relever les yeux de sa lecture, et de tourner sa tête légèrement pour apercevoir le jeune homme. Et, sans s'en être réellement rendue compte, cette fois, elle s'était mise à l'observer, de loin, discrètement. Il était assis non loin de l'endroit où elle se trouvait, et elle n'était pas certaine qu'il l'ait pour le moment remarquée ; il semblait occupé. D'habitude, elle serait allée le rejoindre en moins de temps qu'il n'en aurait fallu pour le dire ; elle se serait levée pour aller l'embêter, le taquiner et essayer de l'énerver, aussi, à l'instar de ce qu'aurait fait Gabrielle Rosier, quand elle s'en prenait à lui. Bien sûr, Hope avait beaucoup moins de témérité et d'acharnement quand il était question d'embêter quelqu'un, et certainement beaucoup moins d'imagination de ce point de vue, aussi ; elle se contentait seulement d'assister à la scène, sans un mot - bien que dans le fond elle était bien loin d'en être fière ! - , et puis quelques fois, elle le collait ensuite, parce qu'elle voyait bien que cela ne lui plaisait guère. Il n'était pas très persuasif quand il lui demandait de le laisser, et Hope, qui était toutefois dotée d'une confiance en elle très développée n'écoutait pas un mot de ce qu'il lui demandait. Alors elle continuait à l'embêter, et ça l'amusait. Cette fois par contre, les choses étaient différentes. Elle le regardait, de loin, sans rien dire, sans rien faire ; sans même que l'ombre d'un sourire taquin ne lui traverse cette fois le visage. Le voir avait plutôt eu pour effet de la rendre morose et de lui rappeler à quel point elle avait pu être injuste avec lui. C'était la première fois qu'elle le revoyait depuis le jour où elle était avec Gabrielle, quand cette dernière l'avait une fois de plus embêté. Et les mots qu'il avait prononcé ce jour-là lui revenait en mémoire. « Vas-y ! De toute façon, tu ne seras pas la première à m'embêter comme ça ! », avait-il dit. Sur le moment, Hope n'avait pas réagit, elle n'avait pas vraiment relevé ce qu'il disait, bien trop occupée à observer la façon dont Gabrielle agissait, et ce qu'elle faisait pour avoir autant de pouvoir sur les autres. Pourtant, à présent que bien des choses étaient parvenues jusqu'à ses oreilles, tout lui semblait différent.


* * *







Vendredi 2 mai 1997, 18h30, dans la bibliothèque de Poudlard


Hope se souvenait parfaitement de ce qu'elle avait entendu ce jour-là, tandis qu'elle était installée à l'une des tables de la bibliothèque, et qu'elle travaillait, une fois de plus. Pourtant, contrairement aux fois précédentes, ce n'était pas pour elle qu'elle révisait, mais plutôt en prévision d'un cour de remise à niveau en Métamorphoses qu'elle préparait pour une petite première année du nom de Cataleya Galvão. Elève à Gryffondor, la petite fille de tout juste 11 ans ne semblait pas très intéressée par ce cour, et comme Hope voulait à tout prix se faire bien voir du Professeur McGonagall, elle s'était portée volontaire pour aider la petite fille à travailler la matière. Evidemment, comme le cour de Métamorphoses était son préféré, elle n'aurait normalement pas eu besoin de travailler pour la remise à niveau d'une première année, mais elle aimait avoir le sentiment du travail bien fait, et elle mettrait de ce fait toutes les chances de son côté pour aider cette enfant, comme promis.

Et ainsi, tandis qu'elle reprenait le programme de Métamorphoses en entier, elle sursauta en entendant le début de conversation de deux jeunes filles installées à une table un peu plus loin. « Wojcinska ?! Non mais tu es sérieuse ? », criait presque une élève de Gryffondor, surprise et presque choquée, de toute évidence, par ce que son amie venait de lui apprendre. Elle donnait d'ailleurs l'impression que c'était là la nouvelle la plus excitante de la journée, voire de la semaine. Et évidement, pour une raison qu'elle ne s'expliquait toutefois pas, à l'évocation du nom de famille d'Alexandre, Hope se surprit à écouter et vouloir en savoir plus sur ce que ces deux jeunes filles disaient. « Chut ! Pas si fort, Nadine, voyons ! On pourrait nous entendre ! Sois un peu plus discrète, quand même ! ». Même si la bibliothèque n'était pas spécialement remplie, ce soir-là, les confidences qu'elles s'échangeaient semblaient assez sérieuses toutefois, pour les garder secrètes. C'était une Poufsouffle qui avait parlé, cette fois, et Hope ne les connaissait ni l'une ni l'autre. Pourtant, elle portait plus d'intérêt que de raison à leur conversation.

Et comme ladite Nadine n'avait pas été des plus discrète, un autre élève - qui avait de toute évidence entendu une bride de leur conversation - s'était approché pour en savoir plus. Un Poufsouffle. « Alors comme ça.... vous aussi, vous avez entendu la nouvelle ? C'est moche, tout de même... », souligna l'élève de la Maison Jaune et Noire. Ce dernier avait parlé d'un air concerné et presque grave, sur le ton de la confidence, ce qui eu pour effet d'intriguer encore plus Hope qui, cachée derrière ses livres, laissait traîner une oreille pour les écouter. Peu de temps après, d'autres élèves arrivèrent, et cette chère Nadine n'hésita pas à propager la nouvelle. « Cynthia, Edward ! Vous avez appris pour Alexandre Wojcinska ? Vous savez, le nouveau de Poufsouffle ! », demanda-t-elle à deux Serdaigles, qu'elle interpella sans pudeur. « Nadine ! Je t'avais demandé de ne pas en parler ! Tu vois, je savais que je n'aurais rien du te dire ! », reprit la Poufsouffle, embêtée de colporter de telles rumeurs. « Laisse tomber, Jessica, presque toute l'école est au courant pour son père. Il en a bavé », dit un Rouge et Or, qui passait par là, et que Hope connaissait vaguement. Il s'appelait Lincoln. « Tu exagères, pas toute l'école ! », reprit Jessica. « Pas loin, en tout cas », termina le Gryffondor.


« Moi par contre... je suis un peu perdue. De quoi vous parlez, les filles ? ». La petite Serdaigle qui accompagnait Edward était plus jeune que les autres. Elle s'était approchée, de toute évidence pour en savoir plus à propos de leur sujet de conversation et elle s'était directement adressée à Nadine et Jessica. C'est d'ailleurs cette dernière qui lui répondit : « Oh, tu sais, le nouveau Poufsouffle, celui qui est arrivé en début d'année... », commença-t-elle avant de reprendre en murmurant : « Il a quelques petits problèmes, en fait ». Edward prit pour la première fois la parole, catégorique : « Évidemment qu'il a des problèmes, il est pas normal, ce gars». Jessica poursuivit. « Non, non, tu n'as pas compris ! En fait c'est.... ». La jeune élève laissa sa phrase en suspens pendant quelques secondes, juste le temps pour elle de vérifier qu'ils n'étaient pas surveillés, ou que leur conversation n'était pas écoutée par d'autres élèves qu'eux. Car si cette jeune fille aimait bien les potins, ce n'était pas pour autant qu'elle voulait que tout le monde connaisse son goût pour le scandale. Par manque de chance, elle réalisa que Hope semblait beaucoup plus préoccupée par ce qu'ils racontaient que par ses livres. Et comme tout le petit groupe la regardait à présent avec un peu trop d'insistance à son goût, elle les gratifia du regard le plus froid et le plus sombre qu'elle était capable de leur adresser, ce qui réussit à leur faire baisser la tête. Et pour la peine, Hope referma son livre bruyamment, et elle se leva afin de le ranger de nouveau sur les étalages. Elle fit d'ailleurs exprès de trainer plus que nécessaire entre les rayons, afin qu'ils reprennent leur discussion là où ils s'étaient arrêtés. Et cela sembla avoir l'effet escompté, car après avoir vérifié que Hope s'était éloignée, Jessica paraissait bien décidée à reprendre là où elle en était. Elle se rapprocha donc un peu plus de ses amis, afin d'être à l’abri des oreilles indiscrètes. « Alors voilà... », commença-t-elle. Mais de là où elle était, Hope pouvait tout de même tout entendre.


Et ce qu'elle entendit ce jour-là la glaçait d'effroi. Voici donc les ragots que toute l'école colportait.



* * *



Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite


Ainsi, les nouvelles que Hope avait récemment apprises l'avaient chamboulées, au point qu'elle en était arrivée à s'en vouloir d'une façon qu'elle n'aurait jamais cru possible. Les discussions qu'elle avait surprises dans la bibliothèque de l'école et les choses qu'on lui avait également rapportées par la suite l'avaient entièrement bouleversée, si bien qu'elle avait quelques peu perdu le si faible sourire qu'elle était encore capable d'avoir à ce moment là. Elle avait repassé dans sa tête des dizaines de fois les discussions qu'elle avait entendues, repensant inlassablement aux déductions qui en avaient découlé, comme si le fait de repenser à tout ceci, encore et encore, allait l'aider d'une quelconque façon à ne plus se sentir honteuse. Hope avait bien mal agit ces derniers temps, elle le savait. D'ailleurs, même au moment où elle agissait, elle savait qu'elle aurait du s'abstenir mais, prise dans l'impulsion du moment, et soutenue par les convictions qu'elle retirait de la façon d'agir de ses amis, elle considérait que tout ceci était tout à fait normale. Mais ça ne l'était pas. Et ce qu'elle avait appris au sujet d'Alexandre Wojcinska eut sur elle le même effet qu'une douche froide. Il était grand temps qu'elle arrête ses bêtises, et si elle ne le faisait pas avec tout le monde, elle le ferait en tout cas avec lui.


Trop empathique ; trop impliquée. Dans le fond, et même si c'était bien loin d'être une excuse valable, peut-être que le fait qu'elle soutienne ceux qui s'en prenaient aux plus faibles, ne serait-ce qu'en observant la scène sans rien dire, était en fait une façon pour elle de contrôler son empathie. Ca lui permettait de se détacher, de voir la scène de l'extérieur, et ça lui apprenait par la même occasion à ne pas foncer tête baissée pour aider n'importe qui pour n'importe quoi. Elle arrivait à se contrôler. Mais tout ceci était en fait à double tranchant, car sans qu'elle ne s'en rende tout d'abord réellement compte, cela la rendait cruelle. Et Hope n'était pas une fille cruelle, de nature. Bien au contraire, dans le fond, elle n'était pas vraiment méchante. Elle était même très sociable, lorsqu'on la connaissait bien. Mais elle ne voulait pas paraître douce, et encore moins s'ouvrir aux gens car elle voyait cela comme une marque de faiblesse. Et s'il y avait bien une chose qui lui faisait horreur, c'était de sembler faible aux yeux des autres. Alors elle était décidée à tout faire pour que cela ne se reproduise pas. Aussi, c'était peut-être une autre des raisons qui l'avaient poussées à agir comme elle l'avait fait.

Mais quoi qu'il en soit, que ce soit pour drainer son empathie, pour ne pas sembler faible ou, tout simplement, pour faire comme tout le monde, elle se rendait à présent compte qu'elle n'aurait jamais dû agir de la sorte. Ce n'était pas cela qui allait arranger ses problèmes. Au contraire, ils ne feraient qu'empirer. Car se braquer ainsi et refuser en bloc tout sentiment, quel qu'il soit, n'avait pour effet que de l'isoler plus encore des autres. Elle paraissait si froide et si hautaine, et elle était crainte aussi, bien souvent - non pas tout à fait de ce qu'elle pourrait faire, mais de ce que pourraient faire les gens qui veillaient sur elle - mais dans le fond, elle n'était pas certaine que l'image qu'elle reflétait lui correspondait réellement. Et maintenant qu'elle se rendait compte de tout cela, elle avait bel et bien honte de ce qu'elle avait fait, mais aussi de ce qu'elle devenait. Jamais elle n'aurait pensé remettre en question son jugement ou ses actions d'une manière si catégorique, mais les renseignements qu'elle avait obtenus venaient évidement de changer la donne.

Et, poussée par elle ne savait quelle raison, elle décida de se lever, pour peut-être changer les choses. Sans plus attendre elle se dirigea vers Alexandre, assis non loin de là, et elle se posta devant lui, avec élégance, toutefois, même si elle était mal assurée. Bien sûr, elle ne laissait rien paraître et gardait son masque froid et détaché, presque insensible. « Alexandre ? », dit-elle pour qu'il lui prête de l'attention. Qu'allait-elle lui dire ? Pourquoi se trouvait-elle là ? Tout bien réfléchis, elle n'était pas tout à fait certaine de la réponse. Mais elle ne pouvait plus faire marche arrière. Mais qu'allait-elle lui dire ? Elle même n'en avait pas la moindre idée. « J'ai malencontreusement surpris quelques... ». Commérages ? Ragots ? Calomnies ? « ... rumeurs, dernièrement. A ton sujet. Et je dois dire qu'elles m'ont donné à réfléchir ». Cette fois, et contrairement à toutes les autres où elle s'était retrouvée en sa compagnie, elle était bien moins sûre d'elle. Ca ne se remarquait pas vraiment, toutefois, du fait qu'elle avait toujours ce même air impassible sur le visage.

« Ecoute... il se dit certaines choses dans les couloirs...  Tu sais... des bruits qui courent. Ce ne sont que des... faits relatés à la va-vite et auxquels ont ne devrait pas porter d'importance, évidemment... Et par expérience, j'ai conscience que les choses ne sont pas toujours vraies. Cependant.... ». Cependant, elle voulait savoir. Mais pour quelle raison lui parlerait-il, à elle qui avait pourtant été si abjecte avec lui ? Elle n'avait pas hésité à le suivre à chaque fois qu'elle le voyait pour l'enquiquiner, alors qu'elle savait parfaitement que cela lui déplaisait, et maintenant elle voulait avoir une discussion avec lui. Quelle idée saugrenue ! Mais il était gentil. Du moins, il paraissait être un garçon gentil. Et les garçons gentils le sont toujours. En théorie.

Tout à coup, elle fut bien obligée de repenser à ce qu'elle avait exactement entendu. Tout, absolument tout dans l'histoire de ce garçon lui faisait mal au coeur, à présent qu'elle en savait plus sur lui. « Il me semble avoir compris que ta famille n'a pas toujours été très... délicate, avec toi ». Bravo, Hope, bravo ! C'était d'une finesse tout à fait fascinante ! La famille de ce pauvre Poufsouffle n'avait de toute évidence pas été des plus tendres avec lui, c'était le moins que l'on puisse dire, en effet, et Hope avait l'impression de mettre les pieds dans le plat avec bien peu de discrétion. Pourtant, elle essayait toujours de parler avec élégance. « Tu ne voudrais donc pas essayer de faire en sorte que les élèves arrêtent de parler de toi ? Personnellement, je ne supporterais pas que l'on exhibe ma vie privée de cette façon ». Voilà, elle redevenait une nouvelle fois acerbe, mais pourtant ce n'était pas contre lui, mais plutôt parce qu'elle trouvait la façon d'agir des élèves de Poudlard tout à fait pitoyable. Qui aimerait voir ainsi sa vie exposée au regard et - pire encore ! - au jugement des autres ? Pourtant, personne n'avait l'air particulièrement embêté de faire ça avec Alexandre. « Tu devrais peut-être songer à réagir un peu plus, si tu veux mon avis. Ils arrêteraient de te chercher des problèmes ». Avis qu'il n'avait absolument pas demandé. En fait, il n'avait pas du tout sollicité Hope et dans le fond, elle était certainement la dernière personne à qui il aurait fait appel pour avoir des conseils. Mais elle s'en voulait et pour cela, elle voulait... Que voulait-elle, justement ? Se racheter, peut-être, mais pour cela, encore aurait-il fallut qu'elle s'en veuille suffisamment pour s'excuser.

C'était étrange. Hope savait pourtant que bien des personnes vivaient des choses difficiles, mais jamais elle ne s'était réellement mise à leur place. Et dans le fond, elle ne le pouvait pas vraiment non plus, car elle n'avait jamais tout à fait connu ce genre de choses, de près ou de loin. Ayant depuis toujours été élevée et éduquée en compagnie d'autres personnes de son rang et de sa richesse, elle ne connaissait que les problèmes relatifs à leur statut. Les mariages arrangés, les questions d'héritage, l'augmentation du capital et la préservation de la lignée. En fin de compte, elle ne connaissait rien d'autre, et les problèmes réels et sérieux que rencontraient la grande majorité des gens lui étaient parfaitement inconnus. Et de ce fait, elle ne parvenait pas à se mettre à la place de tout le monde, à moins qu'on ne lui fasse un électrochoc. Comment aurait-elle pu, d'ailleurs ? Elle n'avait jamais été confrontée à des problèmes matériels, elle qui avait toujours vécu dans le faste et l'opulence. De plus, de ce point de vue, Hope avait toujours eu la possibilité d'avoir tout ce qu'elle désirait sans devoir se donner beaucoup de peine pour l'obtenir. Lorsqu'elle voulait quelque chose elle l'obtenait ; rien ne lui était réellement interdit ni refusé. Quant au niveau affectif, il fallait reconnaître qu'elle n'était peut-être pas entourée de beaucoup de personnes, mais le peu qu'elle avait autour d'elle la considérait comme une petite chose précieuse : son père l'aimait plus que tout, et son frère aurait tout donné pour elle.

Non, de toute évidence, Hope n'aurait pas pu comprendre la situation d'Alexandre, à moins qu'on ne la lui explique. Et tout compte fait, elle aurait certainement préféré ne pas avoir d'éclaircissements sur ce point, car c'était beaucoup trop douloureux - quoi que le pire était évidemment pour lui. Elle se mêlait ainsi de quelque chose dont elle était absolument étrangère. Et même si elle était excessivement empathique, cela ne suffisait pas pour se mettre à la place du jeune homme. « Comment peux-tu accepter ainsi que l'on dévoile tes secrets de famille de la sorte ? Car j'ose espérer que tu aurais préféré garder tout cela secret... ce qui aurait été la décision la plus sage, aux vues des commérages qu'il y a maintenant ! ». Et elle le jugeait, à présent. Sans le vouloir, peut-être, mais elle le jugeait quand même. Tout ce qu'elle lui disait était peut-être vrai, d'ailleurs, mais c'était quelque chose de bien facile à dire pour Hope. En effet, à l'inverse d'Alexandre, elle, elle avait toute une " armée " de personnes prêtes à l'aider et à la défendre si elle avait un problème, si bien que, à Poudlard comme ailleurs, elle n'était jamais sans surveillance. Cela était d'ailleurs en grande partie dû à Rowan. « Et puis... même si ton père est bien loin d'être un homme exemplaire, je suppose que tu as d'autres personnes dans ta famille... je ne sais pas, ta mère, par exemple ? Je suis certaine qu'elle n'aimerait pas te voir agir de la sorte ! ». Si Hope avait rapidement entendu parler des penchants alcooliques et violents du père d'Alexandre, elle n'avait pas pris la peine de se renseigner sur le reste de sa famille. Peut-être aurait-elle dû, tout compte fait... Et le fait de sous entendre qu'il était faible n'arrangerait rien, qui plus est. « Il en est de même pour Gabrielle ! Tu devrais faire de ton mieux pour l'éviter... pourquoi te jeter dans la gueule du loup ? A croire que tu le fais exprès ! ».

C'était peine perdue. Hope ne devait pas vraiment l'aider, à ce moment-là.


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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Dim 3 Avr 2016 - 3:11

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I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones


MERCREDI 7 MAI 1997, ENVIRON 4h DU MATIN, DORTOIR DES POUFSOUFFLE.

Ce matin encore il s’était réveillé tôt, trop tôt. Ce n’était pas nouveau, les bras de Morphée n’avaient, tout comme chaque personne dans sa vie, jamais acceptés sa présence bien longtemps. Dieu qu’il aurait aimé pourtant. Non pas que son sommeil soit réparateur ou que la sensation de fatigue le perturbait, lui qui avait apprit à vivre avec au quotidien, mais au moins les quelques heures d’inconscience que lui offrait cet état étaient les seuls moments où il ne ressentait pas son mal de vivre. Ses seuls instants de répit. Mais même ça, il en avait été privé par lui. A l’époque où il vivait encore avec ses parents, à l’époque où son père était toujours en vit. Il avait apprit à ses dépends que dormir longtemps et profondément pouvait être dangereux, du moins pour lui. Combien de fois avait-il subit une correction parce qu’il n’avait pas entendu son père l’appeler dans son sommeil, ou n’était pas déjà prêt et debout au réveil de son père, paré à s’exécuter pour les tâches qu’on lui imposait ? Combien de coups avait-il reçu en se faisant insulter d’ingrat et de paresseux, pour ne pas citer les mots s’inscrivant dans un autre vocabulaire, qui ne faisait rien pour aider la famille, passant son temps à dormir, laissant soi-disant son père devoir tout faire ? Combien de fois avant d’apprendre à ne dormir que sur une oreille et par tranches de dizaines de minutes, surveillant son environnement pour réduire les risques, se réveillant en sursaut dès qu’il se sentait plonger ? Il n’avait aucune idée du temps que son corps et son cerveau avait prient pour développer cette habitude, mais elle ne l’avait plus jamais quitté. Cela lui valait des poches sous les yeux et des traits tirés depuis des années, mais lui avait aussi évité de nombreux bleu et hématomes lorsqu’il était encore sous l’emprise de son père. Après sa mort et l’abandon de sa mère, il aurait certainement pu retrouver un rythme normal de sommeil, mais les cauchemars le hantaient dès qu’il s’autorisait à sombrer.

Alors pour passer le temps il surveillait les deux seuls personnes auquel il se sentait lié, veillant sur eux tel un animal sur les plus jeunes de la meute, et ressassait encore et encore les mêmes pensées, la même rancœur. Son oncle ne lui avait lui aussi guère laissé le loisir de s’abandonner au sommeil, le forçant à réviser ses leçons parfois jusqu’à l’aube pour être jugé compétent le matin même. Non, compétent n’était pas le mot, son oncle n’aurait jamais qualifié ainsi un sang mêlé provenant d’un père moldu. Etre moins incapable et bon à rien que la moitié des sang-impurs, voilà l’objectif qu’il devait atteindre pour ne pas subir les foudres et la colère de son oncle, bien qu’il n’avait jamais vraiment su où devaient se placer les capacités d’un sorcier, qu’il soit de sang-pur ou non. Alexandre avait connu la violence physique en grandissant au côté de son père, mais son oncle usait d’une toute autre méthode, considérant que se salir les mains n’était pas digne d’un sorcier issu d’une famille telle que la sienne, digne et forte mais juste bon à être utilisé par les moldus, tout juste bons à s’entre-tuer entre eux. Ce parent qui les avait recueillis préférait la torture mentale, s’amusant de voir sa victime en proie à la souffrance, comme en la privant de nourriture, de sommeil ou encore en la faisant vivre dans la peur par ses menaces. Le garçon ne saurait dire laquelle était la plus efficace, si l’on peut dire ça ainsi, mais les deux étaient en tout cas redoutables.

A présent qu’il était à Poudlard, les choses ne s’arrangeaient pas. Enfermé dans un dortoir et entouré par des dizaines d’autres élèves qu’il ne souhaitait pas connaître et en qui il n’avait aucune confiance, il était sensé dormir comme si de rien était, chose impossible, craignant bien trop ce qu’il pourrait se passer s’il relâchait sa vigilance constante. Sortir des dortoirs lui était interdit et il ne pouvait troubler le sommeil des autres en allumant la lumière pour lire sous peine de représailles. Alors il attendait, étendu sous ses draps dans son lit, le regard vitreux, semblant fixer un point au plafond qu’il ne voyait pourtant pas dans l’obscurité. Absorbé dans ses pensées, il retraçait le chemin qui l’avait amené là, cherchant à déterminer s’il aurait pu changer quelque chose à sa vie s’il avait agit différemment à un point de sa vie. Envoyer une lettre à cet inconnu qu’était leur oncle avait définitivement été une mauvaise idée, mais l’autre alternative étant à l’époque de mourir de faim avec son frère et sa sœur dans une maison lugubre, le premier choix avait été la solution la moins pire se présentant à lui. Sa dernière chance. Cela lui avait permit d’en apprendre à utiliser ses pouvoirs magiques, ce qui était un bon point. Le seul d’ailleurs. De l’autre côté, il avait été éloigné de son frère et sa sœur, découvert et subit les idéaux fanatiques de son oncle et envoyé dans une école pour remplir des missions données par un homme fou, pouvant lui coûter la vie s'il se faisait découvrir ou celle de ses cadets s'il ne les menaient pas à bien. Pas besoin de pousser la réflexion très loin pour comprendre que l'apprentissage de la magie pesait bien peu dans la balance. Se sentant petit à petit emporter vers l’abîme de la somnolence, il s'y abandonna sur ses tristes pensées.



MERCREDI 7 MAI 1997, ENVIRON 7H, GRANDE SALLE.

Alexandre était sorti du dortoir aux alentours de 6h, dès que le couvre-feu avait prit fin. Un nouveau cauchemar, aussi horrible qu'à l'accoutumé l'avait tiré de son sommeil léger. Les images défilaient encore sous ses yeux à chaque battement de paupières.

Il se voyait de nouveau, tentant d'échapper à des poursuivants, courant aussi rapidement et loin que ses jambes pouvaient le porter et jetant des sorts à l'aveuglette par dessus son épaule. En vain. Pour chaque pas que lui faisait, les autres en faisaient deux. Pour chaque sort qu'il lançait, il devait en esquiver le double. Heureusement, plus que quelques mètres à parcourir et il serait sauvé. La demeure de son oncle était juste devant lui, imposante et intimidante, à l'image de son propriétaire. Une fois à l'intérieur, il serait en sécurité, il serait protégé. Même si son oncle était loin de le porter dans son cœur, il avait encore besoin de lui, il en était certain. Le grand portail passé, il vit ses agresseurs ralentir sans pour autant cesser de le pourchasser. Déjà ils doutaient, ils savaient les risques qu'ils encouraient. Sentant le soulagement affluer en lui, le libérant d'un poids, il accéléra le pas de sa course plus qu'il n'aurait cru le pouvoir et atteint les grandes portes entre lesquelles il s'engouffra sans réfléchir. Sain et sauf. Une fois son souffle reprit et la porte barrée, il remarqua que quelque chose clochait. Ça n'allait pas. Pourquoi faisait-il si sombre ? Son oncle adorait habituellement se vanter que seul Versailles pouvait se vanter d'être plus éclairé que sa résidence, une manière d'afficher son opulence. Hors ce soir, on ne pouvait y voir à deux pas devant soi. Murmurant un Lumos du bout des lèvres, tenant la baguette devant lui, il était inquiet de ce qu'il pourrait découvrir dans cette pénombre. Avançant à tâtons, il se dirigea machinalement vers la chambre qu'il partageait à l'époque avec son frère et sa sœur. Olga et Will. Il devait savoir s'ils allaient bien, Alex n'avait eu de leurs nouvelles depuis des mois maintenant. Progressant lentement, il parvint finalement devant la porte et son sang se glaça. Une note, accrochée à la porte, retenue par un poignard. Plein de sang. « Vous ne m'êtes plus utiles, et vous en savez trop pour vivre. Ne tente pas de leur échapper, je suis celui qui les envoie. » L'écriture était celle de son oncle, il n'en avait aucun doute après les heures de travail qu'il avait eu à ses côtés. Sentant les larmes lui venir aux yeux, son cœur cognait dans sa poitrine, trop fort, trop vite. Il porta une main tremblante sur la poignée de la chambre, terrifié de ce qu'il allait découvrir derrière ce panneau de bois, il du réunir ton son courage pour la pousser. Ils étaient là, allongés au sol. Morts. Le sol recouvert de sang. Aucun sort n'avait été utilisé, la mort n'avait pas été rapide ou douce, le bourreau n'avait pas eu de pitié. Le poignard qui se tenait près de lui avait été la cause de leurs souffrances. Les seules personnes à qui il tenait. Les seules pour qui il vivait encore. Des cadavres, à peine reconnaissable. Ses jambes le lâchèrent sans qu'il s'en rende compte, tombant à genoux sur le sol. Son cerveau était comme déconnecté, l'information ne pouvait être assimilée. Ça ne pouvait être vrai. Rampant jusqu'à eux, criant et pleurant sa peine, il attrapa leur corps contre lui et les serra aussi fort qu'il le pouvait, dans un espoir fou, comme si cela pouvait les ramener à la vie. Petit à petit, la folie envahissait son esprit, laissant le barrage de ses émotions qu'il avait mit en place dès sa plus tendre enfance s'écrouler, déversant toute la rage et la peine qu'il avait. Il n'avait plus aucune raison de vivre. Un bruit au rez-de-chaussé parvint à se frayer un chemin jusqu'à sa conscience à travers les affres de son désespoir et de son aliénation nouvelle. Ses poursuivants venaient d'entrer. Ils allaient recevoir l'accueil qu'ils méritaient. Déposant un ultime baiser sur le front de son frère et de sa sœur, il les rallongeant dignement au sol et se releva, la vue brouillée par les larmes mais le corps poussée par une volonté propre. Il était résolu. Arrachant l'arme de la porte au passage, sa baguette dans l'autre main, il se tenait devant la chambre. Les bruits de pas retentissaient dans l'escalier. Pour une fois dans sa vie, et ce serait aussi la dernière, il allait se battre.

C'est à ce moment que son esprit émergea du sommeil, le laissant avec des larmes dégoulinant le long de ses joues, un goût salé sur les lèvres. Heureusement, avec le temps, il avait apprit à pleurer en silence, pour ne pas réveiller son frère et sa sœur, ou encore son père à l'époque où il était parmi eux. Ses camarades Poufsouffle n'avaient du se rendre compte de rien.

Sans s'attarder un instant de plus que nécessaire pour se préparer, il était monté jusque dans la grande salle, s'attablant seul entre les rares élèves déjà levés. Cette place était celle qu'il prenait toujours, car stratégique. Il se trouvait au plus près de la table des Gryffondor et pouvait capter leurs conversations en tendant l'oreille, et c'était en général de ce côté que les élèves les plus âgés de Poufsouffle s'installaient. La meilleure position pour écouter ce qu'il pouvait bien se raconter à Poudlard et le rapporter à son oncle, comme sa mission le voulait. Le fait qu'il n'ai aucun ami et qu'il soit aussi remarqué qu'un fantôme aidait aussi certainement. Et encore, chez les sorciers, les fantômes étaient trop remarqués pour être comparés à lui. Ceci dit, ces derniers temps Alexandre pouvait sentir des regards insistants peser sur lui, bien que les yeux se détournaient à la moindre tentative du jeune garçon pour en déterminer la provenance. Comme si ça provenait de partout à la fois. Souvent, les conversations prenaient fin de manière étrange à son arrivée dans une pièce. Les gens le soupçonnait-il d'être une sorte d'espion à la solde de son oncle ? Non, impossible. Il avait été prudent et même plus que ça. Il savait que la santé de sa sœur et de son frère en dépendaient. Leur vie. Non, les autres élèves devaient juste se poser des questions sur lui. Un élève arrivant en milieu de scolarité attirent toujours l'attention, et le fait qu'il restait toujours seul et ne se faisait pas d'amis ne devait pas aider. Certains professeurs étaient même venu lui poser des questions sur les raisons de son comportement. Mais tout cela n'était rien, il pouvait supporter aisément. Certains élèves, les plus téméraires de l'école comme eux se plaisaient à le croire, ceux qui osaient s'attaquer en groupe à lui seul, étaient plus problématiques. A quel point s'attaquer à un élève qui ne répliquait pas et en plus en groupe pouvait être lâche ? De toute évidence, que ce soit chez les moldus ou chez les sorciers, les mêmes groupes d'élèves étaient représentés. Et il était dans celui le plus bas, celui le plus mal traité. Au moins à Poudlard, du moins jusqu'à maintenant, les agressions n'avaient été que verbales, jamais on ne l'avait frappé. Certains l'avaient menacé de lui jeter un sort, mais le règlement était strict à ce propos et de élèves si « courageux » ne souhaitaient pas prendre ce risque. Jusqu'ici.

Petit à petit, les élèves arrivaient dans la salle et cette dernière se remplissait jusqu'à sa capacité optimale, les conversations allant bon train. Rien de bien intéressant à se mettre sous la dent aujourd'hui encore cela dit. L'actualité était sur toutes les lèvres, tous parlaient d'un nouveau massacre annoncés dans les journaux. Rien que son oncle ne saurait déjà, et il allait encore être traité d'incompétent et menacer. Si seulement il avait un moyen d'écouter à la table des serpentards. Là au moins il obtiendrait des informations utiles. Dire que son oncle n'avait pas été ravi de sa répartition était un euphémisme. Il était entré dans une rage monstre qu'un de ses descendants, même indirect, atterrisse dans une autre maison que Serpentard, prétextant que cela venait d'une tare de sa mère et de son sang impur, mélangé avec celui d'un moldu. Voyant le comportement que les élèves de Poudlard avaient avec lui, Chris était bien content d'avoir fini chez les gentils Poufsouffle, qui eux le laissaient tranquille. Après que les derniers élèves eurent quittés la grande salle, il se leva à son tour pour aller en cours. Bredouille.



MERCREDI 7 MAI 1997, ENVIRON 15H, A LA LISIÈRE DE LA FORET INTERDITE.

Malgré le nombre de mois depuis lesquels il était à Poudlard, apprendre la magie de cette manière le perturbait encore. Entendez par là une méthode n'incluant pas les menaces de morts et les châtiments. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas ça, bien au contraire, il détestait particulièrement la première méthode, qu'il avait connu toute sa vie. C'est juste qu'apprendre était presque, notons que le presque est important, agréable. La pire chose qu'il devait craindre était une mauvaise note, et c'était très reposant. La journée avait été calme jusqu'ici et sa place attitrée en cours, celle au fond de la classe, seul, lui plaisait bien. Personne pour l'embêter, lui permettant de rester loin de l'attention des autres. Il avait pu observer, dans son coin les autres élèves à volonté. Non pas qu'ils soient intéressants, mais c'est ce que son oncle voudrait. Et il ne pouvait aller à l'encontre de ça. Il avait vu un élève s'endormir. Deux élèves manigancer contre un troisième, qui ne se doutait de rien. Un manège amoureux entre une fille de Poufsouffle et un garçon de Serdaigle aussi. L'amour. Concept étrange. Je suis jeune, et aimer devrait être simple à concevoir à mon âge, mais c’est pour moi hors d’atteinte. Je n'arrive pas à comprendre. Le seul amour que je ressens est envers mon frère et ma sœur, sur qui je dois veiller. Pourquoi vouloir s'attacher à quelqu'un d'autre, alors que ça finissait si mal dans la majorité des cas ? Il suffisait de voir ce que sa mère avait vécu auprès de son père. Et elle n'était pas mieux, elle avait abandonné ses enfants à la première occasion. Faire confiance est la pire des erreurs, pourquoi les gens ne le comprennent-ils pas ? Parfois le garçon se demandait, comment serait sa vie s'il n'était pas passé par tout ça. S'il avait eu une enfance normale. Lui aussi n'aurait-il pour préoccupation que de savoir si telle ou telle fille l’apprécie ? Cela semblait tellement improbable. Il est toujours jeune, mais savoir qu'il ne pourra jamais vivre comme un enfant normal de son âge, parfois, c'est ça le pire. Que cette opportunité ne se présentera jamais. Pourra-t-il un jour vivre une vie normale, loin de l'emprise de son oncle, de tous ces gens malsain, avec sa famille ? C'était le seul souhait qu'il avait, et n'avait jamais osé le formuler à voix haute, comme s'il avait peur que ce dernier s'enfuit, ou qu'on le lui vole.

Non, en dehors des quelques remarques à son égard dans les couloirs, la journée avait été vraiment calme. Et il s'en voulait atrocement. William et Olga étaient peut-être en danger en ce moment même, au service de leur oncle, et lui était là à mener la belle vie. Il ne méritait pas ça, rien de toute cette vie, de ce calme. Pas sans qu'eux aient la même. Ce sentiment de culpabilité l'envahissait à chaque fois qu'il pensait à eux, coincés là bas, sans qu'il puisse avoir de leurs nouvelles. Dans ces moments là, il avait l'impression de mériter ce que pouvaient bien lui faire les Serpentard et bien plus encore, se trouvant ignoble de profiter d'un confort que sa seule famille ne pouvait connaître. Malheureux quand les choses vont mal et de même quand elles vont bien.

Désirant se changer les idées il se mit en tête de sortir un peu du château. Certes il aurait pu rejoindre le calme de sa chambre, mais il avait besoin de s'oxygéner, prendre l'air. Le soleil brillait et il n'était de toute évidence pas le seul à avoir eu l'idée, au vu du nombre d'élèves éparpillés dans le parc. Trop nombreux pour lui. Un coin plus isolé, moins ensoleillé, voilà ce dont il avait besoin. La forêt. Enfin pas à l'intérieur bien sûr, c'était interdit et il avait bien trop peur de ce qu'il pourrait y trouver, les rumeurs circulant ne se voulant pas rassurante. Mais l'orée de la forêt devrait être moins fréquentée. Une fois sur place, après avoir traversé le parc en esquivant consciencieusement les groupes d'élèves pouvant lui vouloir du mal, quitte à faire de longs détours, il nota que même la lisière était peuplée, bien que de manière moins prononcée. Trouvant refuge sous un arbre pour bénéficier de sa fraîcheur et de son calme, il prit le sol comme siège et le tronc comme dossier. Attrapant  un caillou qui traînait là, il se mit à jouer avec dans ses mains pour tromper son ennui et garder un contact avec le monde alors qu'il ruminait ses noires pensées.

Son calme relatif, du moins celui qu'il affichait à l'extérieur, alors qu'un tempête grondait à l'intérieur de lui vu brisé par une voix qui prononçait son prénom. Il avait été trop distrait, n'avait pas entendu les bruits de pas de la personne venant vers lui, n'avait pas vu qui cette dernière était. Idiot. Relevant les yeux pour découvrir l'identité de l'élève osant s'approcher du paria qu'il était, il découvrit Hope. Soupire. Il la connaissait mieux qu'elle ne pouvait l'imaginer. Son oncle, qui l'avait contraint à apprendre par cœur le registre des sang-purs, avec moult détails sur eux, avait été l'initiateur de cette connaissance poussée. Cadette de la famille Westminbrook, frère nommé Rowan qui étudiait à Haveirson, elle avait été répartie à Serpentard, comme toute sa famille avant elle. Sa famille était l'une des plus imposante parmi celles des sang-purs et son oncle l'estimait beaucoup, notamment pour leur orientation. Il devait donc en faire autant, faute de recevoir un châtiment. Mais elle ne rendait pas la tâche facile. Elle avait très vite comprit qu'il tenait à sa tranquillité, à sa solitude et… elle semblait tout mettre en œuvre pour l'en priver. Ne cessant de le coller, le poursuivant parfois à travers tout le château, l'asticotant à la moindre occasion, le poussant à la faute, s'amusant de ses tourments. Ça et sa présence presque constante aux côtés de Gabrielle. Une autre serpentarde, de sang-pur elle aussi. Sa mission, avec les autres Rosier. Cette dernière prenait un malin plaisir à l'humilier à la moindre occasion, et Hope ratait rarement ce spectacle qui semblait tant l'amuser, lui plaire. Comment faire semblant d'avoir du respect pour une de ces personnes, prenant appui sur leur position sociale, leur richesse, leur famille pour enfoncer les autres ? Utilisant leur pouvoir pour s'attaquer aux faibles ? Persuadés d'avoir du vécu, chacun d'eux pensaient avoir le monopole sur Poudlard, arborant fièrement leur supériorité, aimant à rappeler à quel point leur vie ont plus de valeur. Croyant tous être le nombre du monde. Dans le vacarme de leurs moqueries, tant de gens qu'on entendait même plus pleurer, souffrir. Savaient-ils au moins ce que grandir à l'ombre du bonheur voulait dire ? Ce qu'on pouvait ressentir emmurés dans le silence, notre souffrance et notre mal-être tels des hémorragies internes qui nous font pleurer en silence ? De continuer à vivre par défaut, faute de mieux ?Non. Eux n'ont connu que le luxe, le bonheur, la grande vie, n'ayant qu'à réclamer pour obtenir ce dont ils avaient besoin et plus encore. Jamais, oh non jamais il n'avait du lutter pour vivre. Sur ce point, et c'était bien le seul, il se sentait plus fort qu'eux, lui pour qui la vie n'avait été qu'un enchaînement d'épreuves. Malgré tout ça, il se tenait toujours debout, tel un arbre aux branches d'argile, au cœur de cristal sous du marbre pour le protéger. Avancer, ne compter sur personne. Ignorer ces personnes ne connaissant rien de la vie, ne profitant que des apparences. Après tout, qui peut réellement savoir ce qui nous tue et ce que l'on est ? Les gens se contentent de ce qu'on paraît. Et il ne devait pas paraître faible, pas à nouveau.

Récupérant ses quelques affaires, il s'apprêtait à partir en prétextant une excuse idiote, juste pour éviter d'être à nouveau harcelé par cette élève. Mais alors qu'il s'apprêtait à se relever, les mots qu'elle prononça le coupèrent dans son élan. Il avait l'habitude des rumeurs qui pouvaient circuler dans Poudlard, étant lui même forcé de prendre connaissance du plus grand nombre d'elles pour voir si quelque chose serait intéressant pour son oncle. Il se doutait aussi que des rumeurs sur lui devaient circuler, un élève distant et froid comme lui arrivant en milieu de scolarité, ne sympathisant avec personne et évitant tout contact avait de quoi troubler et faire parler. Mais des rumeurs sur sa famille ? Premièrement, qui aurait pu avoir des informations et qui cela aurait-il pu intéresser ? Il sentit la peur monter en lui, celle d'être percé à jour et que son passé soit étalé au grand public alors qu'il avait été si prudent. De quel droit s'autorisait-elle à lui parler de sa famille et de ce qu'il avait vécu, elle qui était née avec une cuillère en or dans la bouche ? Il pouvait accepter d'être traîné dans la boue et humilier, il en avait l'habitude. Mais le nouveau terrain qu'elle semblait vouloir explorer pour l'embêter était hors limite. Elle allait trop loin. Et voilà qu'elle parlait de faire en sorte que les élèves arrêtent de parler de lui. Le comble pour celle qui parlait des rumeurs le concernant à l'intéressé lui même. Et comme s'il avait un pouvoir quelconque sur les autres élèves de cette école, comme si c'était une chose à sa portée. Il n'avait que deux choix devant lui. Fuir. Ou faire comme n'importe quel animal se sentant menacé et cerné. Attaquer. Enfin, autant qu'il en était capable pour défendre ses secrets.

- Si tu entend par là que ma famille ne m'a famille n'a pas été aussi délicate avec moi que la tienne l'a fait pour toi, ça me semble assez évident en effet. Nous n'avons pas tous la chance de naître dans une famille célèbre. Et j'imagine que tu connais une solution miracle pour convaincre des centaines d'élèves de me laisser en paix et de m'ignorer, alors que c'est totalement l'inverse de ce que tu as fais depuis mon arrivée ? Je n'ai pas le choix de le supporter. Mais j'imagine que ce n'est pas quelque chose que tu peux comprendre, la moitié de l'école est à ton service.

Il avait prononcé cette tirade d'un trait, sans bien se rendre compte des mots qu'il prononçait, laissant sa colère parler pour lui. Une fois qu'elle fut terminée, il du se forcer à garder consistance pour ne pas se ratatiner sur lui même. Les fois où il s'était ainsi laissé aller pouvait se compter sur les doigts d'une main et il n'était pas familier avec ce comportement, si opposé à celui qu'il avait habituellement. Bien sûr, aux yeux des autres, il n'avait pas du être bien méchant ni blessant, mais c'était déjà une grosse avancée pour lui. Elle prit de nouveau la parole, du ton hautain et supérieur qui était le sien, le jugeant. C'était donc la raison pour laquelle elle était venue le trouver et lui étaler tout ça ? Lui montrer qu'elle valait mieux que lui ? Quand elle évoqua son père et sa mère, des souvenirs qu'il avait tellement tenté d'enterrer firent de nouveau surface, déversant un torrent d'émotions contraires en lui. Peine. Rage. Peur. Rancœur. Comment pouvait-elle oser aller si loin pour son propre plaisir ? N'avait-elle aucune notion de la réalité des choses, de la vie ? N'était-elle pas consciente qu'on ne peut pas forcément décider et agir sur les choses ? Instillant toute sa rage et sa rancœur dans sa voix, il lui répondit en la regardant droit dans les yeux, sans ciller.

- Crois-tu vraiment que l'étalage de mon passé provient d'une décision de ma part ? J'imaginais qu'on apprenait encore aux enfants à penser dans les familles de sang-purs, je me trompe clairement. Qui choisirait de ne pas garder tout cela secret ? Et je t'interdis de parler de ce que tu ne connais pas. Ma mère est à mille lieux de s'inquiéter de ma manière d'agir. Tu ne connais rien de moi, comme tout le monde, tu te contente de t'amuser de moi. Qu'est-ce qui te permet de me juger ? Ta naissance chez les Westminbrook peut être ? Vous vous pensez tous si supérieurs aux autres…

Il ne savait pas ce que les rumeurs racontaient exactement et donc ne pouvait être sûr de ce dont Hope était au courant, et pour cette raison, il avait préféré rester vagues. Autant ne pas lui donner de nouveaux éléments. Et il avait volontairement ignoré la partie concernant Gabrielle. Elle était sa mission et il ne voulait pas avoir à expliquer pourquoi il ne faisait pas son possible pour l'éviter, de peur de créer des soupçons. Son torse se soulevait au rythme de sa respiration, comme s'il venait de faire un effort physique énorme. Sauf que l'effort avait été mental. Jamais depuis son arrivée à Poudlard il s'était senti si craintif pour son secret et énervé contre quelqu'un à la fois.
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Mer 13 Avr 2016 - 22:06







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


Plus les minutes s'écoulaient, et plus Hope avait une impression étrange. En fait, elle ne parvenait pas à s'expliquer ce qu'elle faisait là, devant Alexandre, alors qu'elle aurait dû être entrain de faire à peu près tout sauf ça. A fortiori car ce n'était pas dans ses habitudes de venir parler ainsi à quelqu'un, et encore moins se mêler de la vie des autres et colporter des rumeurs. Pourtant, en le voyant là, assis tout seul, elle avait voulu venir le voir et lui parler. Ce n'était pas de la pitié qu'elle ressentait à son égard, non, au contraire. Mais elle voulait qu'il se secoue, qu'il change les choses... Mais c'était tellement utopique. Comme si tout pouvait changer en un claquement de doigts ? Dans le fond, il avait raison. Pas tout le monde n'était né Westminbrook, et pas tout le monde avait le château de Poudlard à ses pieds. L'initiative de Hope partait cependant d'une bonne intention... dans le fond, mais elle n'avait pas du tout été bien prise de la part d'Alexandre - et comment l'en blâmer ? Elle était tout sauf délicate sur ce coup ! - qui lui répondit sèchement.

« Non, tu te trompes, je ne... », commençait-elle quand elle vit la façon dont il lui répondait. Cependant il ne lui laissa pas le temps de répondre et il poursuivit sa tirade. Il avait raison. Il avait affreusement raison. Hope n'avait pas de solution miracle, et ce qu'elle lui proposait était bien plus facile à dire qu'à faire. Mais quand il lui dit qu'il n'avait pas le choix, elle lui lança un regard froid, révoltée par ce qu'il disait. « Je n'ai peut-être pas... été des plus aimables avec toi, je te l'accorde », se força-t-elle à dire. Ce n'était pas des excuses, plutôt des constatations, mais c'était vraiment difficile pour elle de reconnaître qu'elle avait pu avoir tort. « Mais tu ne fais que te cacher derrière des excuses stupides. Si tu voulais répondre à tous ces gens qui te rabaissent, tu pourrais le faire. Or, tu ne t'en donnes même pas la peine ». Elle fit une pause avant de reprendre. « Et de quel droit te permet-tu, toi de me juger ? Qui t'y as autorisé ? », lâcha-t-elle, acerbe, tandis qu'il affirmait que toute l'école était aux petits soins pour Hope. « Et si, comme tu le dis, toute l'école est effectivement à mon service, je te demanderais d'en faire autant que les autres, alors ». En vérité, elle se fichait bien pas mal qu'il soit aux petits soins pour elle ou non, mais elle ne supportait tout simplement pas qu'on lui parle de la même façon qu'il le faisait à présent. Elle n'avait pas été habituée à cela et elle ne voulait pas que cela change. On lui parlait toujours avec respect.

Pour quelle raison s'était-elle approchée de lui ? Pourquoi s'obstinait-elle à lui parler de la sorte ? Et surtout, que cherchait-elle à faire en s'immiscent ainsi dans sa vie ? Hope ne parvenait à répondre à aucune de ces questions et la raison lui semblait bien peu évidente. Essayant de ne pas y penser plus que cela, elle s'était approchée de lui avec la ferme idée de lister tout ce qui n'allait pas dans son comportement à Poudlard et ce, sans même se demander si elle agissait convenablement. Elle voulait lui parler, elle le devait. Pour quelle raison, là encore elle n'en avait aucune idée. Peut-être parce que, dans le fond, tout cela lui faisait bien plus de peine qu'elle ne voulait le laisser paraître. Et pour une raison qu'elle ne s'expliquait tout simplement pas, cela la touchait vraiment. Ca lui faisait mal à chaque fois qu'elle entendait des remarques désobligeantes à son égard, exactement comme si c'était elle qui était visée. Ah, stupide empathie ! Cela n'aurait pourtant pas dû la toucher à ce point. Pourtant, bien malgré elle, et sans que cela ne soit véritablement volontaire de sa part, elle avait recommencé à lui parler sèchement, durement, laissant de côté toutes ses bonnes intentions. Mais c'était aussi de sa faute, cette fois, car il lui répondait comme si elle prenait la place de tous ceux qui le rabaissaient. Ce n'était pourtant pas ce qu'elle cherchait à faire.

Et puis il commit l'irréparable : il l'insulta. Ou plutôt, il insulta sa famille. Comment avait-il osé dire qu'il pensait que l'on apprenait encore aux enfants à réfléchir, dans les familles de sang-purs ? Scandaleux ! Fronçant les sourcils, elle lui lança cette fois un regard glacial, tandis que la colère durcissait les traits de son visage pourtant si doux d'habitude. Il y avait deux choses à ne pas faire devant Hope Westminbrook : insulter sa famille et l'insulter elle. Et en offensant ainsi les deux, dans la même phrase, il s'attira d'autant plus les foudres de la jeune fille. Et, faisant un pas vers lui, elle se fit un peu plus menaçante. « Ecoute-moi bien, misérable blaireau... », dit-elle tout en pointant un index vengeur vers lui et en appuyant légèrement sur son torse, comme pour marteler un peu plus ses dires. « Personne n'a le droit de me dicter ma conduite, de m'interdire de faire ou de ne pas faire quoi que ce soit, et ce n'est certainement pas toi qui va commencer. Et si je me pense supérieure, c'est tout simplement parce que je le suis ». Elle fit une pause ensuite, le regardant toujours avec défi. Oserait-il répliquer ? Oui, c'était possible, bien que Hope en doutait fortement. Du moins, elle ne pensait pas qu'il répliquerait.

« Si je suis venue te parler, ce n'était pas pour te rabaisser ou t'insulter, comme tu as l'air de le penser depuis tout à l'heure ! Et encore moins pour te critiquer, même si mes paroles n'ont pas été des plus délicates. Non, au contraire... En fait, si je suis venue c'était avant tout pour te faire part de ce que j'avais entendu, pour que tu puisses te préparer à répliquer quelque chose si tant est que tu le veuilles. » Elle fit une nouvelle pause. Elle voulu ajouter qu'elle voulait l'aider, mais quelque chose la retint toutefois. Hope s'était adoucie en disant cela, mais elle n'en oubliait pas ce qu'il avait dit un peu plus tôt. « Ne t'avise plus jamais de me parler de la sorte. Compris ? ». Il ne voulait pas comprendre qu'elle ne voulait pas le rabaisser ? Et bien soit ! Mais qu'il n'oublie pas où était tout de même sa place.

Et, sans attendre plus longtemps, Hope tourna les talons, laissant par la même occasion ses longs cheveux sombres virevolter derrière elle. Il ne méritait même pas sa considération ! Personne ne la méritait, d'ailleurs, et elle était bien généreuse de lui avoir porté autant d'intérêt ! Continuant de s'énerver contre lui, vexée qu'il l'ait insultée de la sorte, elle ne remarqua même pas les gros nuages noirs qui menaçaient au dessus de sa tête, tandis que les élèves quittaient tous un à un le parc de l'école. Hope, en revanche, ne faisait absolument pas attention à où elle allait. Elle ne pensait qu'à s'éloigner et mettre le plus de distance possible entre elle et ce garçon si désagréable et méchant. Mais elle ne regardait pas où elle allait, et ce n'est que lorsque un violent coup de tonnerre retentit qu'elle le réalisa. Surprise, choquée, elle sursauta littéralement, alors que la foudre grondait encore, et à ce moment là, alors qu'elle ne fit pas attention à là où elle mettait les pieds, qu'elle glissa et tomba violement au sol. Des feuilles mortes humides, de la mousse et des racines apparentes avaient réussi à la mettre à terre, tandis qu'une douleur aiguë se faisait sentir de sa cheville jusqu'à son genou, alors que sa pauvre jambe était éraflée de toutes parts. Elle avait laissé s'échapper un cri en tombant, d'ailleurs, couvert par le bruit de l'orage. Elle ne devait pas rester là, elle devait partir ! Mais quand elle essaya de se remettre debout, elle eut beaucoup de mal, car la douleur qu'elle ressentait l'en empêchait. « Oh, non... ». Elle regarda autours d'elle, et remarqua alors qu'elle avait dépassé la lisière de la forêt...



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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Dim 24 Avr 2016 - 0:40

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I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones


La verte et argent tenta de prendre la parole mais, sous l'effet d'une colère qu'il ne se connaissait pas, il ne lui en laissa pas le loisir. Pour une fois, il était celui qui allait se faire entendre, pas celui qui se contente de baiser la tête et d'écouter sagement. Du moins, c'est ce qu'il avait en tête. Cependant, une fois à bout de souffle et à court de mot, il marqua une légère pause, qu'Hope s'accapara pour rétorquer une phrase qu'il mit du temps à comprendre. Ses oreilles l'avaient bien entendue, mais son cerveau avait quelques difficultés à la déchiffrer. La riche héritière était-elle en train d'admettre avoir commit une erreur ? "D'accord, où est le piège ?" eut-il envie de demander, doutant que cela puisse vraiment arriver un jour. Cela dit elle se rattrapa bien vite, ce qui ne laissa pas à Alexandre l'occasion d'afficher son trouble, lui allant parfaitement ainsi. Armée d'un regard glacial et de mots tranchants, elle reprit la parole. Des excuses stupides disait-elle? Que pouvait-il faire seul face à la moitié de l'école? Leur répondre quoi, exactement ? Qu'il allait leur faire regretter ? Sauf si son ambition était de les faire rire à gorge déployée, l'idée ne serait pas efficace. Menacer d'en parler à un professeur ? Quelle preuve avait-il ? Et être catégorisé en temps que mouchard ne lui apportait que bien plus de problèmes. Ce n'était pas son genre. « Je me fie à ton comportement pour te juger, j'imagine que c'est toujours ainsi qu'on fait. C'est ce que TU fais, non ?» répondit-il lorsqu'elle le questionna sur son droit à la juger. Avec moins de verve que précédemment, ayant perdu sa lancé, mais avec conviction tout de même. Lorsqu'elle expliqua attendre de lui qu'il soit à son service, il secoua vivement la tête. « Ne compte pas sur moi. » Souffla-t-il d'un ton assuré. Pourquoi ferait-il ça ? Contrairement aux autres, il n'avait ni devoir, ni obligation envers elle. Jamais elle ne l'avait respecté, bien au contraire. Lui pouvait bien se contenter de l'ignorer.

Le jeune Poufsouffle perçu immédiatement le changement de comportement chez Hope et du se retenir pour le pas reculer d'un pas. Son oncle, sang-pur l'ayant formé à la magie lui avait aussi à reconnaître un adversaire ou quelqu'un lui voulant du mal, et que ce soit sur ses traits ou dans son attitude, Hope était clairement en train de lui envoyer des signaux inquiétants pour lui. Ça craint, comme disait les moldus. Comme si elle avait lu son envie de reculer et pour le garder à distance, elle avança d'un pas,  dardant et enfonçant un doigt sur son torse. Rien de douloureux, mais le message était clair. Mais lui aussi était énervé et sujet à un accès de colère et pour cette raison, il ne se laissa pas démonter devant elle comme il l'aurait faire en temps normal. Il écouta avec attention sa réponse et la trouva tellement prétentieuse qu'un rictus tenta de se frayer une chemin jusqu'à ses lèvres, retenu de justesse. « Supérieure ? En quoi et pour quoi ? Parce que des gens ont peur de toi et ta famille ? Pour ton argent ? C'est suffisant d'après toi pour juger de la valeur d'une personne ? » Si on suivant cette formule, Alexandre ne valait rien. Ce qu'il ne démentait pas le moins du monde. Non, là où ça clochait, c'était pour son frère et sa sœur. Il les aimait et les estimait pour leurs nombreuses qualités, pourtant, selon le calcule d'Hope, les deux n'étaient rien. Seule et unique raison qui l'avait poussé à répliquer. Les deux dont il était responsable.

Puis vint la douche froide, qui réduisit à néant toute la détermination et le courage dont il avait fait preuve jusqu'ici pour répliquer. Les certitudes qu'Alexandre avait concernant la raison de la présence d'Hope se mirent à vaciller. Était-ce possible ? Qu'elle soit vraiment venue pour le mettre en garde et non pour l'humilier un peu plus ? Cette dernière se plaisait depuis le début de l'année scolaire à le voir se faire malmener par différentes personnes et là, d'un seul coup sans raison, l'envie de lui donner un coup de pouce serait apparue ? La naissance d'une conscience ? Ou un piège. Elle était proche de la Rosier serpentarde, qui faisait parfois preuve d'une imagination débordante pour lui mener la vie dur. Cependant, il ne pouvait nier ne pas avoir été au courant des rumeurs qui circulaient à son propre sujet avant que la jeune fille vienne lui en parler… d'une manière très loin d'être délicate, l'insultant et le dénigrant au passage. Mais même cela, elle l'avouait, disant que ses paroles n'avaient pas été délicates. Bien que cela ne changeait rien à sa condition, il saurait au moins pourquoi les conversations s'arrêtaient brusquement à son arrivée dans une pièce et que toute l'école ou presque était avertie, en partie, sur sa vie. Sur son père et son comportement avec sa famille plus précisément. Mais comment ? Il n'en avait jamais parlé, à qui que ce soit. La magie ? Il allait devoir creuser pour savoir qui, et surtout comment. Mais pour le moment, là n'était pas le problème. Dans l'immédiat, il devait gérer la serpentarde qui lui faisait face. Il ne pouvait décidément pas la croire totalement, mais mettre en doute sa parole ne ferait que la rendre encore plus en colère, ce qu'il préférait éviter. Comment réagir face à quelqu'un voulant soit disant l'aider ? Remercier ? Impossible dans le cas présent, pas après sa tirade énervée. Le rouge lui montait aux joues et les mots se dérobaient lorsque Alexandre tentait de formuler une réponse. Quelques minutes plus tôt il se sentait porté par la colère et la certitude d'avoir raison. Maintenant, il ne savait que faire.

Hope ne semblait pas attendre de confirmation quant au fait qu'il ne lui parlerait plus jamais de la sorte, comme si elle ne doutait pas une seule seconde de l'impossibilité que ceci se reproduise. L'avantage d'être sûr de soi, j'imagine. Tournant les talons et le laissant planté là sur place, un air indécis sur le visage elle s'éloigna d'un pas rageur, à l'image de l'orage qui se mettait en place. Les élèves, voyant ce phénomène météorologique arriver commençait déjà à remballer leurs affaires et à prendre la route du château pour se mettre à l'abri. Mais Hope semblait n'en avoir rien à faire, continuant de s'éloigner en direction de la forêt. Elle voulait certainement être seul et Alexandre était le premier à comprendre cette envie. Mais dans le cas présent, cela pouvait être dangereux. Non pas qu'il ait lui-même peur de l'orage et des éclairs, au contraire. Il avait toujours été fasciné de voir la nature déverser sa colère, grondant et frappant des heures durant. Mais il savait qu'être en forêt dans ces moments là était loin d'être la meilleure idée. Cela dit, elle était grande, et il n'allait pas la suivre, sous peine de passer pour quelqu'un d'encore plus étrange, criant sur elle pour ensuite la suivre dans la forêt. Rangeant ses affaires, il s'apprêtait à rentrer lorsqu'il entendit un bruit étrange. Un simple son étouffé, pouvant ressemblant à un cri, mais couvert par le bruit de la pluie et du tonnerre. Ses oreilles lui jouaient sûrement un tour, mais cela semblait venir de la direction qu'avait emprunté Hope… Il hésita. Confirmer son doute ou rentrer au château ? Au fond, il savait qu'il ne pourrait pas rentrer comme ça. Il était certes lâche, mais son caractère de Poufsouffle ne lui permettait pas d'abandonner quelqu'un à son sort. Ignorant la pluie qui tombait sur lui, il entreprit de prendre le même chemin qu'Hope quelques minutes plus tôt.

Une fois à l'intérieur de la forêt les arbres semblèrent se refermer sur lui, le coupant du monde extérieur. Les rumeurs étaient vraies, cet endroit avait vraiment quelque chose de lugubre. Scrutant chaque recoin, il espérait apercevoir l'élève qu'il recherchait rapidement, peu désireux de rester ici plus que nécessaire. Essuyant l'eau qui dégoulinait de ses longs cheveux sur ses yeux, l'empêchant d'y voir clair, il continua son exploration. Elle n'avait pas pu aller bien loin, bon sang ! Comme pour confirmer sa pensée, il l'aperçu enfin, assise à même le sol, dos à lui. Elle semblait en mauvaise posture, blessée. La rejoignant en quelques enjambées, le Poufsouffle s'agenouilla à son côté, sans un mot. Elle se tenait la cheville et il n'était pas compliqué de comprendre qu'elle avait dû glisser et se la fouler, voir pire. « Si je t'aide, tu penses pouvoir te relever et marcher ? » Questionna-t-il sans détour en la regardant droit dans les yeux. Si elle le pouvait, ça irait. Autrement, Alexandre n'aurait d'autre choix que la laisser là pour aller trouver de l'aide au château. Ou la faire léviter jusqu'au château, mais il n'était pas sûr que la lente progression que cela exigeait, sous la pluie, soit des plus agréables pour l'un comme pour l'autre. Ou alors, la porter jusque là bas. Ça irait plus vite et elle ne semblait pas bien lourde, il pourrait sûrement le faire. Bon d'accord, finalement plusieurs choix se présentaient à lui. Un sort médicomagique était totalement exclu car il n'en connaissait aucun, son oncle ayant jugé plus utile de lui enseigner à blesser qu'à soigner. Sans s’encombrer à demander la permission, il se permit d'enlever sa chaussure et de descendre sa chaussette pour voir la cheville blessée. Tâtant avec précaution du bout des doigts pour lui faire le moins mal possible et le contact ne le mettant pas à l'aise, il sentit l'articulation sur la peau douce. « Je ne pense pas qu'elle soit cassée, c'est déjà bon signe. Par contre elle est assez enflée. »

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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Lun 25 Avr 2016 - 0:56







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


A quoi cela pouvait-il bien lui servir de venir discuter avec lui ? De toute évidence, il pensait certainement qu'elle était venue pour se moquer de lui ou quelque chose dans ce goût là ; il se trompait lourdement. Alors pourquoi était-elle là ? Si elle était venue devant lui ce jour-là, c'était avant tout pour lui parler des rumeurs dont elle avait eu vent. Et puis, quelque part, au fond d'elle-même, elle voulait peut-être églement trouver un moyen de racheter sa conduite désastreuse à l'égard du jeune homme. Hope n'était pas vraiment une Serpentard très virulente ni très méchante. Au contraire, elle avait un visage doux et un air avenant, quoi qu'elle devait bien reconnaître, tout de même, que l'air volontairement froid et hautain qu'elle se donnait ne devait de toute évidence pas aider à la rendre agréable. Surtout aux yeux d'Alexandre Wojcinska. Mais dans le fond, c'était une fille très gentille.

Aussi, lorsqu'il lui laissa entendre qu'elle jugeait une personne un peu trop facilement, elle ne su réellement quoi répondre. Elle le regarda, presque désolée. Toutefois, elle ne pouvait se permettre de s'excuser sans raison, surtout qu'il était de toute évidence bien énervé. « Ton comportement me semble bien vif, pour un Poufsouffle », se contenta-t-elle de répondre, évasive, sans même se donner la peine de relever les absurdités qu'il était entrain de dire. Elle fronça néanmoins les sourcils lorsqu'il se permit d'évoquer la famille de Hope, ce qui lui donnait alors un air de petit chat énervé à ce moment-là. « Tu ne me connais absolument pas. Comment pourrais-tu connaître mes critères ? ». Mais elle ne fut pas vraiment sèche en disant cela, car elle savait, au fond d'elle-même, qu'elle était allée trop loin un peu plus tôt. Ses paroles avaient dépassé ses pensées, et de loin en plus. En vérité, Hope n'était pas méchante. « Ce que tu devrais comprendre, en revanche, c'est que je ne tolère pas que l'on parle ainsi, de moi ou de ma famille ». Elle parla à ce moment-là calmement, et c'était peut-être encore pire que de la voir s'énerver ; sa voix était dure et froide.

Hope le quitta alors, l'air fier et déterminé, et elle partit un peu plus loin, alors que d'épais nuages noirs commençaient à recouvrir le ciel. Au loin, déjà, l'on pouvait voir des éclairs illuminer l'horizon. La jeune fille ne fit attention ni à l'endroit où elle allait, ni à là où elle marchait, et cela lui porta rapidement tort. Un bruyant coup de tonnerre suffit à la faire sursauter et, ajoutons à cela les brindilles et la mousse humide qui recouvraient le sol, et Hope ne restait pas debout bien longtemps. Les quelques cailloux qui se trouvaient par terre la firent glisser et, perdue dans ses pensées et n'ayant pas vu les choses venir, elle tomba par terre. Elle fut d'ailleurs si surprise qu'elle n'eut pas le temps de réaliser ce qui se passait, ni même de se rattraper à quoi que ce soit. Hope s'étala alors de tout son long sur le sol et s'écorcha les jambes, alors que son uniforme était à présent couvert de terre, de mousse et de tâches d'eau. Quelle malchance !

Prenant appuie sur ses mains, elle se redressa tout doucement, de sorte qu'elle se retrouvait finalement assise. Un petite trace de terre maquillait l'une de ses joues pâles. Fort heureusement, le couvert des arbres la protégeait un peu de la pluie. Les goûtes tombaient, bien évidement, mais elles étaient arrêtées par les feuilles et les branches, ce qui fait que, alors qu'un peu plus loin, le sol était littéralement trempé, là, la pluie n'était pas trop dérangeante. Non, ce qui l'inquiétait vraiment, ce n'était pas la pluie ni la boue, encore moins qu'elle se retrouvait là, toute seule, à la lisière de la forêt interdite. Ce qui l'inquiétait vraiment, c'était le fait que sa cheville la faisait souffrir. Elle ne s'en était pas immédiatement rendue compte, en réalité, bien trop occupée à tenter de se relever, mais quand elle essaya de poser le pied à plat par terre, elle eut quelques difficultés. « Je n'ai pas besoin de ton aide, tu peux t'en aller. », dit-elle avec orgueil, tout en tournant la tête. C'était totalement faux, bien sûr, mais elle ne voulait pas reconnaître qu'elle pouvait avoir besoin de lui ou de qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Alors elle ne le regarda même pas, attendant patiemment qu'il se décide à s'en aller ; il devait bien avoir d'autres choses plus importantes à faire ! Mais contrairement à ce qu'elle pensait, ce ne fut pas du tout le cas. Bien au contraire, il resta à côté d'elle et s'approcha même de Hope pour voir comment son pied allait.

Elle fut assez surprise qu'il se permette de s'accroupir vers elle pour retirer sa chaussures, et qu'il se permette d'inspecter sa cheville de la sorte. Aussi, elle eut un petit mouvement de recule quand il attrapa son pied, mais finalement, elle consentit à se laisser faire. Hope n'était pas vraiment à l'aise avec la familiarité, bien au contraire, mais cette fois elle décida de prendre sur elle. « Peut-être es-tu médecin ? Je ne savais pas que des cours de médecine étaient dispensés à Poudlard », lui dit-elle, cynique, alors qu'il regardait toujours son pied. Il pouvait bien décider de s'en aller, là, maintenant, mais ce n'était pas pour autant qu'elle avait oublié leur altercation, ni l'abominable façon dont il avait osé lui parler. Mais elle n'était pas une fille méchante, et elle commença bien vite à se radoucir. Elle sourit lorsqu'il lui dit que sa cheville ne semblait pas cassée, mais foulée, tout au plus.  « Cela ne te dérange donc plus que je juge les gens sur leur famille et leur fortune ? », demanda-t-elle, distraitement, plus doucement, alors qu'elle suivait des yeux ce qu'il faisait.



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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Lun 25 Avr 2016 - 7:14

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Quelque chose dans les yeux d'Hope le fit douter un instant, comme s'il y avait décelé une pointe de culpabilité. Mais ce n'était pas possible, il en était persuadé. Elle n'avait rien à faire de ses sentiments, c'était l'évidence même. Et les propos de la serpentarde confirmèrent ce qu'il pensait. A nouveau, elle le jugeait sans rien, ou du moins presque rien, connaître de lui en dehors de sa maison. Certes, lui avait aussi un peu tendance à le faire avec Serpentard, mais c'était parce qu'un pourcentage proche des 100% des élèves de cette maison qu'il avait rencontré lui avaient voulu du mal, le malmener ou l'humilier. Puis c'était la maison que son oncle jugeait comme la bonne, ce qui en faisait donc, en toute logique, la pire. Cela dit, elle avait l'air de s'être calmer, d'être moins agressive. La réaction du Poufsouffle l'avait intimidé ? Non, personne de sain d'esprit n'avait peur de lui. Était-il possible qu'elle se sente réellement coupable ou ai vraiment voulu l'aider ? Le doute envahissait son esprit et il se sentait mal rien que d'imaginer cette éventualité. Pour une fois qu'il osait se défendre, il fallait qu'il choisisse mal la cible. D'une voix plus posée et maîtrisée que précédemment, il répondit à la question. « Je ne te connais pas, mais je vois comment tu agis avec moi. Parfois, observer comment quelqu'un se comporte avec ceux qui ne peuvent rien lui apporter suffit. Tout simplement. » C'était sa façon de voir les choses. Être agréable et gentil avec une personne de qui on attendait un retour était facile. Les personnes étant gentilles de façon désintéressée l'était même avec ceux ne pouvant rien pour eux, là était la différence notable. Et vu comment Hope se comportait avec les plus faibles qu'elle, il n'hésitait pas bien longtemps quand il fallait la répartir dans l'une des deux catégories de personnalités. Elle le reprit une dernière fois, expliquant qu'elle ne supportait pas qu'on parle d'une telle façon d'elle ou de sa famille. Sur le deuxième point, il pouvait comprendre. Que quelqu'un touche à son frère ou sa sœur et là Alexandre pourrait devenir dangereux. Peut être. Par contre, ce que les gens pouvaient dire de lui, ça… il pensait n'en avoir rien à faire. Jusqu'à ce que cette petite demoiselle vienne lui annoncer ce que l'école racontait à son sujet. Finalement, il se trompait peut être à son propre sujet. Poudlard avait du le changer, d'une façon ou d'une autre.

Quelques minutes plus tard, à l'intérieur de la forêt. Toujours accroupi aux côtés d'Hope, Alexandre eut envie de la mettre de nouveau face au comportement qu'elle avait. Pas besoin d'aide, disait-elle ? Il était vraiment tenté de s'installer dans un coin, se protéger de la pluie et d'observer comment elle comptait se sortir de cette situation seule. Vraiment très tenté. Mais ne le fit pas, du moins pour le moment. Si elle ne se départait pas de son orgueil mal placé très vite par contre, l'option restait toujours envisageable. « Arrête. Tu es trop intelligente pour laisser ta fierté te mettre dans une telle situation seule, non ? » A dire vrai, Alexandre ne savait rien de très précis à propos de l'intelligence de la jeune verte et argent. Mais il ne doutait pas de son orgueil, et s'il y avait une chose qu'il avait apprise au contact de son père ou de son oncle, c'était que flatter cet égo fonctionnait très souvent. À présent, la demoiselle avait le choix entre faire preuve d'intelligence et avouer qu'elle avait besoin d'une aide extérieure, ou admettre que sa fierté était supérieure à son intelligence, mais cela la rabaisserait donc et serait mauvais pour la fierté. Un paradoxe. Bien sûr, elle pouvait continuer de prétendre pouvoir s'en sortir seule, mais elle devait savoir que c'était de toute évidence faux.

A peine son verdict donné à la jeune fille qu'elle le remit en doute. Décidément, c'était une manie chez elle de vouloir avoir le dernier mot. De base, Alexandre n'était pas très sociale et dans une autre situation, il aurait tourné les talons et serait parti depuis bien longtemps. Mais il n'avait pas écarté la possibilité qu'elle ait voulu le prévenir et qu'il l'avait envoyé sur les roses. C'était le moins qu'il pouvait faire. Et son âme de Poufsouffle, bien enfoui son sa méfiance et sa réticence, ne cessait de lui souffler qu'il ne pouvait la laisser là. Bien qu'il n'était pas obligé de justifier son diagnostique, il le fit d'un ton sec, sans appel, espérant que cela ferait taire les remarques d'Hope. « Je ne suis pas médecin non, mais je pense m'y connaître un peu mieux que toi quand il s'agit de blessures. » Bien sûr, il faisait là référence, même sans le préciser, à celles que son père lui avait infligé. En général, on évite de faire consulter un médecin à son enfant après l'avoir battu, alors le garçon avait du apprendre de lui même, sur le tas, à se soigner et à évaluer l'étendu des dégâts. Elle connaissait les rumeurs, peut être ferait-elle le lien, mais il espérait que non. Vraiment. Il semblait déjà assez faible sans qu'en plus, on l'imagine violenté par un adulte. Cela du avoir l'effet escompté car elle sembla se radoucir par la suite, souriant et parlant d'un ton plus calme tout en lui posant une question étrange. « Je n'ai pas dis que cela ne me dérange plus. Ce que je vois surtout c'est que je suis le seul ici et que tu as besoin d'aide. Si je décidais de t'abandonner à ton sort, je ne vaudrais pas mieux que ce qu'on peut raconter de moi. Tu peux mettre ça sur le fait que je sois un Poufsouffle, si tu veux. D'ailleurs, ça n'a plus l'air de beaucoup de déranger que j'en soi un. » Lui aussi s'était exprimé d'un ton plus doux que précédemment tout en s'affairant à soulager la douleur d'Hope. Dénouant sa cravate, il se mit à la recherche d'un bâton qui pourrait convenir pour ce qu'il avait en tête. Un bien droit, assez long et plutôt épais de préférence, s'il voulait que ce soit efficace pour Hope. Une fois qu'il en trouva un pouvant tenir le rôle, il s'approcha de nouveau d'elle et à l'aide de sa cravate, posa une attelle, ou du moins quelque chose s'en rapprochant autant que possible. « Ça devrait t'aider à ne pas la bouger et à pouvoir t'appuyer un peu plus dessus. Ce n'est pas trop serré ? » Alexandre était totalement concentré sur les soins qu'il apportait, n'étant plus gêné par le contact avec le pied nu de la serpentarde ou par leur altercation toute récente. Du moins jusqu'à ce qu'il finisse de vérifier la solidité et la bonne tenue de l'attelle, car une fois que ce fut fait, tout lui retomba dessus sans attendre, comme s'il se rendait de nouveau compte de qui lui faisait face.

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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Mar 26 Avr 2016 - 0:07







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


A quoi cela lui servait-il d'être aussi désagréable avec Alexandre ? Elle avait beau jouer les petites filles fières et orgueilleuses, la vérité était qu'elle avait besoin d'aide, et Alexandre était de toute évidence le seul à pouvoir l'aider à ce moment-là. D'habitude, il y avait toujours Alycia ou bien encore Lilianor qui se trouvaient avec elle, Gabrielle, aussi, souvent, mais ce jour-là, elle n'avait personne ci ce n'était lui. Hope n'était jamais vraiment toute seule, mais là, s'il se décidait à partir, elle aurait bien du mal à retourner au château par ses propres moyens, surtout sous une telle pluie. Alors, tandis que ses paroles dépassaient ses pensées et qu'elle était toujours aussi désagréable avec lui, elle s'arrêta soudain. Hope le regarda alors, sans dire un mot, d'un air profondément navré. Dans le fond, elle ne voulait pas être aussi méchante avec lui, et elle s'en voulait d'ailleurs, surtout qu'à présent il se trouvait face à elle, et il était venue de lui même, sans qu'elle ne le lui demande. « Tu as raison », dit-elle tout doucement, lorsqu'il lui dit qu'elle était trop intelligente pour ne suivre que sa fierté. « Excuse-moi, je ne pensais pas toutes ces choses que j'ai dit tout à l'heure ». Murmura-t-elle, si bien que l'on faillit ne pas l'entendre.

Non sans hésitation elle le laissa faire, regardant avec attention ce qu'il faisait. Il était doux et délicat quand il s'occupait de sa jambe ; cela la fit sourire, elle qui avait pourtant été si odieuse avec lui. « Tu t'y connais en blessures ? », releva-t-elle distraitement. Toutefois, jamais elle n'aurait pu imaginer d'elle-même les lourds secrets que cachaient le jeune homme. « Peut-être as-tu appris les premiers secours », proposa-t-elle à tout hasard, en haussant les épaules. En vérité, s'il ne voulait pas lui en dire plus, c'était son choix et elle le respecterait. Elle fut d'ailleurs soulagée de voir qu'elle pouvait discuter à présent avec lui sans être désagréable. Aussi, elle pensa que, si elle faisait des efforts pour faire la conversation, peut-être que les choses s'adouciraient entre eux. Et alors elle poursuivit. « Il est vrai que je n'ai pas une grande connaissance de la médecine, et la pratique ce n'est pas toujours mon fort. Je préfère la théorie, je trouve cela plus enrichissant. Quoi que lorsqu'il est question de métamorphoses, c'est une toute autre histoire... », poursuivit-elle. Mais elle réalisa qu'encore une fois elle se laissait emporter, alors elle décida de ne pas en dire d'avantage. Elle entendait déjà la petite voix de Catelaya, dans un coin de sa tête, qui lui disait que pour être aussi passionnée par les Métamorphoses, c'est qu'elle devait avoir un problème.

Lorsqu'elle lui demanda si cela ne le dérangeait plus qu'elle ne pense que par l'argent et la noblesse, elle accueilli la réponse d'Alexandre avec un hochement de tête, pensive. Mais quand il émit l'hypothèse de la laisser là, son angoisse redoubla. « Tu ne vas pas me laisser, hein, dis ? », demanda-t-elle peut-être un peu vite, alors que sa voix donnait l'impression d'être celle d'une petite fille que l'on aurait pris en faute. Son front était légèrement plissé, formant alors de petites rides en une expression angoissée, tandis que ses yeux lui criaient littéralement de ne pas la laisser. Elle soupira ensuite, détourna le regard et fixa le sol. « S'il te plait, pardonne mes maladresses de tout à l'heure. En réalité, je ne suis pas si odieuse, et je regrette de t'avoir forcé à penser cela de moi... sincèrement. J'ai dû te paraître bien dure et bien méchante pour que tu réagisses ainsi tout à l'heure. On peut dire que je ne t'ai laissé voir que le plus mauvais côté de moi, et tu m'en vois navrée ». Elle soupira. Mais les excuses, ce n'était définitivement pas son fort, et elle prenait beaucoup sur elle à ce moment-là.

« Tu sais, en vérité, je ne déteste pas non plus les Poufsouffles. Au contraire, je n'ai rien contre eux. Peut-être connais-tu Astoria Greengrass ? C'est l'une de mes plus proches amies », lui dit Hope, gentiment, avec un sourire. Mais elle se reprit bien vite. « Non, en fait, Astoria est pour moi comme une soeur ». Tout autant que Rowan était son frère, Daphné et Astoria Greengrass étaient ses soeurs, et rien ni personne ne pourrait changer cela. Qu'importe qu'elles ne partagent pas le même sang, leurs liens étaient bien plus forts que n'importe quel arbre généalogique. Les deux fratries se connaissaient depuis toujours ou presque, et leurs liens étaient incassables. « Eleonora McPhee est une fille très gentille, tout comme Molly Zyskowski », continua-t-elle, comme pour lui prouver sa bonne foi. Elle espérait que cela marcherait ; elle n'en était pas sûre. Comment avait-elle pu être aussi désagréable avec lui ? Pire encore, comment avait-elle pu lui sortir toutes ces choses désobligeantes, un peu plus tôt, à lui qui pourtant faisait de son mieux pour soulager sa douleur ?



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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Mer 27 Avr 2016 - 7:08

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I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones


Alexandre marqua une pause. Avait-il réellement entendu ce qu’il avait cru entendre. Hope venait-elle de lui faire des excuses et de dire qu’elle ne pensait pas les méchancetés prononcées plus tôt dans la conversation. D’après ses fiches de renseignements fournies par son oncle et son expérience jusqu’ici à Poudlard, ce n’était encore jamais arrivé. Raison pour laquelle il avait besoin d’un peu de temps pour digérer ce fait. Elle l’avait à peine murmuré, les mots sortant d’entre ses lèvres aussi silencieusement qu’un souffle, mais il était certain au fon de lui d’avoir bien entendu.  Etait-il possible qu’il ai mal jugé la jeune fille ? Entre ce qu’elle disait là et ce qu’elle avait vu d’elle jusqu’ici, que ce soit lorsqu’elle observait Rosier le malmener ou encore il y a quelques minutes seulement où elle tenait des propos violents, il y avait un monde. L’une de ces deux facettes était une façade, et le jeune Poufsouffle ne savait laquelle croire. Peut être que par peur qu’il se décide à partir, elle jouait un rôle de gentille fille. A moins que ce ne soit un plan de Gabriel pour l’encourager à faire confiance à une de ses amies pour ensuite mieux l’abuser. Une des autres options était que la demoiselle était sincère… Ou alors, Hope avait tout simplement une trouble de la personnalité multiple. Préférant ne pas opter pour une réponse maintenant, il répondit tout de même. « J’ai entendu pire, ne t’en fais pas. Excuse-moi de m’être autant emporté… » Dit-il la tête basse et les yeux fixés sur la cheville blessée, pour éviter de croiser son regard.

Le soigneur improvisé continuait de s’occuper de la patiente et de sa foulure alors que cette dernière lui posait des questions qui ne le mettaient pas très à l’aise. S’y connaissait-il en blessure ? Comment lui dire que c’était à une certaine époque son quotidien alors qu’il n’était pas encore au collège ? Heureusement, sans le savoir, elle lui offrit une porte de sortie en parlant des premiers secours. Elle n’avait pas du poser la question avec des arrières pensées pour en connaitre plus sur son passé, sinon elle n’aurait pas fait cette erreur. Peut-être souhaitait-elle juste faire passer le temps en discutant, dans ce cas. « Oui, c’est bien ça. J’ai eu l’occasion d’apprendre les premiers soins. » Alexandre resta volontairement évasif, ne souhaitant pas donner des pistes sur son passé qui avait déjà été tant dévoilé à Poudlard à une personne qui, quelques minutes plus tôt encore, le dénigrait. A personne en général, d’ailleurs. Cela dit, la conversation n’était ni tendue ni désagréable, chose assez rare pour le souligner. Depuis qu’il était ici, le garçon s’enfermait très souvent dans le silence et n’échangeait de banalité avec personne, ne souhaitant pas se mêler aux autres. Son objectif était de venir, écouter, transmettre et gagner sa liberté et celle de son frère et sa sœur. Mais là, absorbé dans ses gestes délicats pour éviter de faire mal à Hope, son esprit n’étant plus en état de méfiance extrême, cet échange lui aurait presque plu. La verte et argent continua la conversation, voyant sûrement que ça ne viendrait pas de lui et lui parla de ses goûts à propos des matières à Poudlard. Ainsi donc elle préférait la théorie à la pratique, passer des heures le nez dans les livres pour retirer des connaissances sans les mettre en œuvre par la suite. Étrange, d’après lui. Peut-être était parce qu’on l’avait forcé toute sa vie à apprendre bêtement et méchamment, mais la théorie lui, il n’appréciait pas vraiment. Elle évoqua aussi un engouement particulier pour la métamorphose avant de se taire en cours de phrase. Lui avait le même pour les sortilèges, mais se garda bien de le dire n’étant, malgré ce goût prononcé pour la matière, pas un génie dans le domaine.



« Tu ne vas pas me laisser, hein, dis ? ». En entendant ces mots, Alexandre détacha son attention de la cheville pour regarder Hope. Le ton de sa voix l’avait tellement étonné qu’il n’avait pu s’en empêcher, comme s’il s’était attendu à découvrir quelqu’un d’autre qu’elle au bout de ce pied qu’il tenait. Depuis quand y avait-il tant de fragilité et cette angoisse dans la voix de cette élève si sûre d’elle ? Son regard le frappa ensuite quand il le croisa. On n’y lisait plus aucun sentiment de supériorité, plus aucune méchanceté, rien de tout ce qu’il avait pu y trouver jusqu’ici et qui lui avait tant déplu. Un étrange sentiment naquit au creux de son ventre, comme si en cet instant précis, il se sentait responsable et proche d’elle. Sentiment étrange, dont il n’avait pas l’habitude et qu’il se hâta d’enfouir le plus profond possible, le reniant. Elle était soit sincère, soit méritait un Oscar pour son jeu d’acteur parfaitement exécuté.  Elle fini par détourner les yeux, portant son attention sur le sol parsemé de mousse et de terre, enchainant avec une confession et de nouvelles excuses auxquelles il ne s’attendait pas. Elle lui demandait pardon pour son comportement, pour ses actes, pour ses mots et Alexandre ne pouvait s’empêcher de l’écouter en la regardant, étonné et troublé à la fois. L’héritière Westminbrook, une des élèves les plus connus et appréciés de Poudlard, lui demandait pardon à lui, simple sang-mêlé sans amis. Si son oncle en était témoin, il s’empresserait de répondre à Hope qu’elle n’avait pas besoin de s’abaisser à cela avant de corriger le garçon comme il savait le faire. Malgré lui, sans qu’il s’en rende bien compte, son esprit forma des mots sur ses lèvres. « Je t’avoue que j’avais une mauvaise opinion de toi. Je t’ai vu observer Gabrielle, regarder comment elle s’y prenait, d’un air curieux et sans compassion. Je pensais que tu étais comme elle. Mais je commence cependant maintenant à croire que je me suis trompé et que toi aussi, tu joues un rôle autre que le tien. Je ne vais pas te laisser, je te le promets. » Le garçon ne la remercia pas pour ses excuses, non pas parce qu’il ne lui en était pas reconnaissant mais parce qu’il se doutait que cela devait déjà être assez compliqué pour elle sans qu’il prenne la peine de remettre ça sur le tapis.

Hope lui fit la liste des personnes de Poufsouffle qu’elle appréciait, et elle était bien plus longue qu’i l ne l’aurait cru. En dehors d’Eleonora qui tentait souvent de lui donner confiance par sa gentillesse et lui proposait régulièrement son aide, il ne connaissait les autres que de nom ou bien de vu, croisés à l’occasion dans la salle commune. Mais encore une fois, il s’était trompé. Elle n’était pas juste une serpentard haïssant les élèves n’étant pas de sa maison ou de son sang. « Je ne les connais pas personnellement pour la plupart.. » C’était le moins qu’il pouvait dire. A Poudlard, les gens qu’il connaissait personnellement, étaient les personnes sur les fiches que son oncle lui avait fait mémoriser et une poigné d’autres élèves. « Mais je n’aurai pas pensé qu’il y en avait tant. Excuse-moi de t’avoir jugé sans savoir. »

Vérifiant une dernière fois l'attelle de fortune qu'il avait placé, il jeta un coup d’œil vers Hope. « Tu veux essayer de te lever ? »


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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Mer 18 Mai 2016 - 20:24







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


Lorsque Alexandre lui dit qu'il avait déjà entendu pire que les horreurs qu'elle avait pu lui sortir en quelques minutes, Hope essaya de lui faire un sourire désolé, mais cela ressemblait plus tôt à une grimace. Elle avait bien honte, maintenant, d'avoir réussis à se mettre au même niveau que toute cette horde d'élèves dont elle ne supportait pas le peu de manières. Alors, bien triste et bien désolée d'avoir été si mauvaise avec lui, elle lui répondit, sans toutefois le regarder. « Tu n'aurais jamais dû entendre tout ça. Que ce soit venant de moi ou venant de quelqu'un d'autre, d'ailleurs. Personne ne devrait avoir à entendre ces méchancetés... », lui dit-elle d'une petite voix. Elle était des plus sincères quand elle lui disait cela, et elle voulait vraiment se racheter. Parfois, son caractère de petite sang-pur pourrie gâtée refaisait un peu trop souvent surface, et là, à ce moment-là, elle s'en voulait vraiment. Elle avait bien moins d'états d'âme, d'habitude.

Bien qu'elle ne l'avait jamais avoué à personne, Hope connaissait assez bien le monde moldu. En effet, à chaque fois qu'elle rendait visite à sa mère, elle avait couramment fréquenté les personnes qui étaient nées sans pouvoirs magiques. Ainsi, Hope savait bien plus de choses sur eux qu'elle ne voulait bien le dire et elle était curieuse, alors elle s'y intéressait. « Arrête-moi si je me trompe, mais il me semble que tu as vécu parmi les moldus... ? » lui demanda-t-elle le plus naturellement du monde. Et bien malheureusement pour Alexandre, elle ne se douta pas un seul instant de la gêne et de l'embarras qu'elle risquait de lui causer en posant de telles questions. « Oh, oui, ça me revient ! Comment les appelle-t-on, déjà ? Oh, je ne sais plus... mais dans certains camps de vacances, on apprend aux enfants les gestes des premiers secours. Je trouve ça tellement chouette de pouvoir sauver son prochain en connaissant tout ça ! C'est ce que tu as fais, toi aussi ? ». Un grand sourire aux lèvres, et bien qu'elle était plutôt entrain de faire un monologue, elle était contente de discuter de quelque chose dont elle n'avait pas l'habitude. Toutefois, elle réalisa qu'elle parlait trop, et surtout trop vite. Personne ne risquait de l'entendre vu le mauvais temps qu'il y avait ce jour-là à Poudlard, et Alexandre n'était certainement pas un garçon qui colportait des choses - ou du moins elle l'espérait ! -, mais elle n'en avait jamais parlé à personne, et dire tout ce qu'elle savait sur le monde moldu à voix haute était étrange.

Puis il évoqua les moments où Gabrielle Rosier était désagréable avec lui, ces mêmes moments où Hope se tenait tranquillement près de son aînée et l'observait faire, stoïque et le regard inexpressif. Gabrielle avait toujours été un véritable modèle pour Hope, au point qu'elle avait toujours voulu suivre son exemple, et même l'imiter, d'une certaine manière. Les deux vert et argent se connaissaient depuis des années, et d'aussi loin qu'elle se souvienne, Hope avait toujours pris exemple sur elle. Pourquoi cela changerait maintenant ? Gabrielle restait son modèle. « Tu penses que je n'ai de compassion pour personne ? Que je suis froide, distante et insensible, que je me fiche éperdument de ce qui peut arriver aux autres et que seule ma petite personne compte ? », demanda-t-elle distraitement à Alexandre, sans toutefois le regarder. Elle ne lui avait pas parlé méchamment, bien au contraire, sa voix était même plutôt douce alors qu'elle était entrain de faire la liste de tous les qualificatifs peu valorisants que les gens utilisaient souvent pour la définir. « Je suppose que tu ne serais certainement pas le premier à le penser... », pousuivit-elle et, cette fois, son visage devint bien triste.

Hope se garda toutefois de démentir ce qu'il disait. Après tout, à quoi cela servirait-il ? Son opinion était déjà toute faite sur elle et bien qu'il émettait l'idée de s'être trompé, il ne semblait pas vouloir réellement en changer, bien qu'il soit si gentil avec elle. Et puis elle parlait déjà bien trop avec lui, et elle craignait maintenant d'en dire beaucoup trop à son sujet. Il ne fallait pas oublier que Hope avait peur de se confier aux autres, même parfois à ses amis. Plus que de la peur, elle voyait cela comme une faiblesse. Les confidences pouvaient facilement devenir des armes que les gens risquaient de retourner contre elle, et elle ne voulait pas prendre ce genre de risque. « Merci mille fois de ne pas me laisser ».

Puis, Alexandre lui proposa de se lever. Pas très sûre, Hope hésita. « Heu... oui... je... vais essayer ». Elle prit appuie sur une pierre qui se trouvait non loin d'elle et, tout doucement, elle essaya de se lever. Ce fut assez laborieux d'ailleurs, non pas parce qu'elle n'y arrivait pas, mais parce qu'elle avait tellement peur d'avoir mal qu'elle prenait toutes les précautions possibles pour ne pas se faire mal. Elle s'assit alors sur le rocher qui se trouvait là, et qui était si grand que, même assise, elle était plus appuyée contre qu'autre chose. Et, enfin elle essaya de se lever. Elle y parvint alors enfin, contente d'elle. Essayant de garder un minimum d'équilibre, elle vacilla un peu et elle se retint une nouvelle fois au rocher, pour ne pas tomber. « Heu.. je... Je crois que je vais faire une pause, tout compte fait ! ». Hope était vraiment douillette.






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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Ven 10 Juin 2016 - 15:24

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De la pitié dans les yeux d'Hope. Il tenta de ne pas la voir, de ne pas déceler cette lueur si familière, mais il ne pouvait la nier. Hope avait pitié de lui, sa tentative de sourire le démontrait. Ce n'était ni la première et ne serait certainement pas la dernière à éprouver ce sentiment envers Alexandre, mais plus le temps passait et plus il lui était difficile de supporter le regard qu'on posait sur lui. Il était faible, le fait était évident et affirmer le contraire équivaudrait à se voiler la face. Le Poufsouffle était conscient de sa condition. Mais Poudlard était son nouveau départ. Du moins était supposé l'être. Mais l'histoire se répétait, malgré ses efforts pour oublier les fantômes du passé. Et la pitié présente dans les beaux yeux bleu de la Serpentard le l'affectait particulièrement, comme si plus encore qu'en temps normal, il ne voulait pas qu'elle le voit ainsi. Certainement gênée, elle fini par lui dire qu'il n'aurait pas du entendre tout ça. Si elle savait que c'était loin d'être le plus difficile qu'il avait du endurer... Il aurait bien répondu que la vie était loin d'être juste, que les choses n'étaient pas comme elles devraient l'être, la majorité du temps. Mais elle ne pensait pas à mal, elle tentait d'être compatissante. Alors il décida de ne pas la répondre et d'afficher un sourire assuré signifiant "T'en fais pas, c'est ok maintenant". Son manque total d'assurance,  de conviction et sourire étant un exercice qu'Alexandre pratiquait peu devait rendre le résultat plus que douteux, mais au moins il tentait. Il ne voulait pas qu'elle s'en veuille. Elle au moins avait une conscience, contrairement aux autres.

Le sujet s'orienta sur quelque chose de plus léger. Du moins en apparence. Sa vie passée chez les moldus... Si on pouvait appeler ça une vie. Heureusement, il était bien plus doué pour cacher ses émotions que pour les montrer et cette évocation de cette période de sa vie ne le fit même pas tiquer. Du moins en surface. Il hocha la tête pour répondre à la première question, incertain que sa voix cache aussi bien son mal-être que son visage le faisait. Mais une autre question ne tarda pas à suivre, ouverte celle-ci. Il ne pouvait se contenter de l'ignorer ou de l'éluder, le polonais semblant déjà assez weird sans ça. Alors il se racla la gorge pour être sûr que sa voix je se brise pas, chargée par l'émotion de ses souvenirs et répondit. « J'imagine que tu veux parler des stages d'apprentissage des premiers secours organisés par divers organismes. Oui, c'est comme ça que j'ai appris... Exactement comme ça. ». Camp de vacances ? Il n'avait jamais voyagé et les vacances consistaient pour lui a passer plus de temps encore qu'habituellement avec son père, impliquant ce que cela sous-entendait. Mais il ne voulait pas doucher l'enthousiasme de la jeune fille, elle semblait pétillante d'excitation et lui dire la vérité lui ferait certainement un choc. Puis cela impliquerait qu'Alexandre parle de lui, de son histoire... Et ça, jamais. Personne ne devait savoir la vérité. Même Perséphone, qui était plus ou moins de sa famille, qui veillait sur lui, ne savait pas tout dans sa globalité. Alors il sourit à nouveau. Un sourire léger, juste de quoi donner l'illusion, brouiller les pistes. Trop absorbé par ses propres démons, il ne remarqua même pas le savoir plus étendu qu'il n'aurait cru d'Hope concernant le monde moldu.

Gabrielle Rosier. Une des raisons de son mal-être à Poudlard. Celle qui avait récupéré le flambeau de ceux le tourmentant à l’époque de l’école moldue et le portait fièrement à la moindre occasion. Hope, qu’il avait associé à elle à cause de leur proximité et du fait que celui qui ne dit mot consent. Elle n’avait pas tenté de décourager son amie Serpentard. Mais Alexandre lui non plus n’avait rien fait, alors pouvait-il lui en vouloir ? Très certainement que non. Que pensait le slave ? Il ne savait pas bien quoi répondre à cela. « Je ne dirais pas que tu n’en as pour personne ou que tu ne penses qu’à toi. Plutôt que tu fais en sorte de ne pas inclure trop de gens dans la catégorie de ceux à qui tu attaches de l’importance. » A ce niveau, le Poufsouffle était pire que sa camarade. Il ne se laissait que difficilement approché et ne faisait confiance à personne, trop de fois déçu pour recommencer si facilement. Mais à côté de ça, il ne pouvait empêcher son empathie profonde de le rendre compatissant lorsqu’il voyait une injustice. Son côté Pouffy, comme diraient certains. Relevant les yeux vers elle, il nota un changement. Sa joie de vivre s’était évanouie, elle semblait triste. Malaise. Consoler quelqu’un n’était pas son fort, plus encore quand la personne en question lui balançait des horreurs au visage encore quelques dizaines de minutes plus tôt. Mais… vous vous souvenez de ce côté Pouffy dont je viens de vous parler ? « J’ai appris que pour avancer, il ne faut pas s’arrêter à ce que les autres pensent. » Avancer ? Réellement ? Avait-il lui-même avancé depuis l’âge de ses six ans, la première fois où son père l’avait frappé ? Il était resté le même enfant apeuré depuis lors. Heureux qu’elle change de sujet, il se laissa remercier à nouveau d’être resté sans répondre, cette fois, ne sachant que dire face à cette fille de si haute naissance le remerciant, lui, un simple élève élevé chez les moldus. Que dirait son oncle s’il voyait ça ?

La tentative d’Hope pour se relever fut… peu fructueuse. Malgré les grands arbres tentant de les protéger de la pluie, celle-ci, impossible à arrêter, s’immisçait partout. Alexandre était trempé, des gouttelettes d’eau dégoulinant de ses cheveux trop longs sur son visage trop fin. Hope n’était guerre mieux lotie. Il fallait trouver une solution, et il n’en voyait qu’une. Profitant qu’elle soit appuyée au rocher, il se glissa sous son bras pour la soutenir. Cette proximité nouvelle perturbait le garçon et il avait peur que son initiative soit mal interprétée et mal accueillie, mais ils ne pouvaient rester là jusqu’à ce que la cheville guérisse d’elle-même… « Tu veux tenter de nouveau ? Ce sera plus facile si tu n’as pas à t’appuyer dessus. »


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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Dim 12 Juin 2016 - 17:08







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


Triste de réaliser ce que le jeune homme pensait d'elle, Hope regardait le sol sur lequel elle était assise, à moitié perdue dans ses pensées. La terre était humide et les feuilles mouillées étaient glissantes. Elle n'attendait pas vraiment de réponse de sa part, elle pensait qu'il se contenterait tout simplement de ne rien dire. Pourtant, il la surpris en décidant de lui répondre, et plus encore lorsqu'elle réalisait à quel point il avait vu juste. En fait, il avait totalement raison, Hope ne voulait pas inclure trop de monde dans sa vie, au cas où cela se retournerait contre elle d'une façon ou d'une autre. Ainsi, Alexandre semblait avoir tout compris d'elle. Elle le regardait alors innocemment, surprise et déconcertée, tandis qu'elle se demandait combien de personnes s'étaient alors rendues compte de ça ? Pas grand monde sans doute, car la majorité des personnes qui la côtoyaient le faisait souvent parce qu'elle était sang pur, qu'elle était une Westminbrook, ou encore parce qu'elle était la soeur de Rowan. Finalement, avec le temps, elle se disait que son nom et sa position étaient bien difficiles à porter, car en définitive, on l'aimait plus pour ce qu'elle paraissait être plutôt que pour ce qu'elle était vraiment.

Elle lui fit un sourire, mi surprise mi amusée, mais elle ne voulait pas répondre ; elle n'osait pas le faire, en réalité. Peut-être qu'elle devrait s'ouvrir un peu plus, pas forcément à Alexandre mais de façon générale. C'était si dur, de s'ouvrir aux autres, dans le fond... Alors, le plus simple pour elle était encore de changer de sujet. Quoi de plus simple, alors que de questionner à son tour Alexandre ? « Et toi ? Es-tu si seul parce que tu ne veux pas que l'on t'accorde de l'importance ? Peut-être que, toi aussi, tu ne veux pas qu'on t'approche pour une raison précise... C'est vraiment dommage. Malgré tout ce que j'ai pu te dire jusqu'à aujourd'hui, tu m'as pourtant l'air d'être quelqu'un de bien ». Hope le croyait profondément. « Ce n'est pas parce que j'ai été très... peste... avec toi, que je ne me rends compte de rien ». Elle haussa les épaules, désolée. Il cachait forcément quelque chose. Après tout, comment pourrait-il en être autrement ? Personne ne savait rien de lui, et il semblait s'appliquer à faire en sorte que cela ne change pas. Il venait tout juste d'arriver à Poudlard, personne ne savait réellement comment il avait appris la magie, puisqu'il ne venait ni de Durmstrang ni de Koldostorev... Ce garçon était vraiment très bizarre.

Lorsqu'il essaya de lui remonter quelque peut le moral, ou du moins d'orienter les choses sur un ton plus léger, Hope lui sourit tristement. Le problème n'était pas vraiment d'avancer ; c'était plutôt de tout changer. Et comme elle ne savait pas comment s'y prendre, c'était encore plus compliqué. Une chose était certaine, elle ne risquait pas de lui en parler, elle ne pouvait décemment pas expliquer à voix haute ce qu'elle ressentait. D'une part parce que ça ne lui ressemblait absolument pas, et d'autre part parce qu'elle ne se confierait certainement pas à lui, alors qu'elle l'avait insulté à peine quelques minutes plus tôt. Ce serait vraiment incorrect. Certes, il n'avait pas été très gentil cette fois-là non plus, mais cela ne justifiait en rien les odieux agissements de Hope à son égard, à plus forte raison parce qu'elle savait qu'elle était entièrement fautive ; c'était elle, qui avait été désagréable avec lui, tout comme c'était elle qui avait décidé de suivre Gabrielle lorsqu'elle s'acharnait encore et encore sur lui. Elle n'aurait pas dû ; elle s'en voulait vraiment.

Puis, il fut ensuite temps de se relever, ou tout du moins d'essayer de se relever, car la tentative de Hope n'était pas très convaincante. Tenir sur ses jambes lui sembla alors être quelque peu difficile, pas tellement à cause de la douleur qu'elle ressentait - même si sa cheville lui faisait tout de même assez mal - mais surtout parce qu'elle avait peur d'avoir mal. Hope avait décidé d'abandonner, en quelques sortes, ou plutôt de remettre à plus tard ses tentatives pour se lever et se déplacer. Pourtant, même si cela faisait à présent quelques minutes qu'ils se trouvaient tous les deux là, sous le couvert des arbres, la pluie ne faiblissait pas pour autant et, l'un comme l'autre, ils semblaient être trempés jusqu'aux os. Alors, la jeune fille s'en voulu un peu, principalement parce que le fait qu'elle craignait de poser son pied par terre les ralentissait tous les deux pour rentrer dans le château, et puis parce qu'elle devait certainement l'embêter, à être aussi chochotte. Elle lui fit alors un sourire désolé et, sans même être certaine qu'il ait vu son air attristé, il s'approcha d'elle pour la soutenir l'aider à marcher. « Heu... je... heu... », bagaya-t-elle, surprise de ce qu'il faisait. Pourtant, elle était bien loin de se plaindre ; au contraire, elle trouvait son initiative touchante et très attentionnée. « Oui... d'accord... ok ».

Pas très sûre d'elle, elle le laissa tout de même faire, sans un mot. Elle tenta alors de se remettre sur ses pieds et y parvint finalement en prenant appuie sur lui. De cette façon, elle n'avait pas trop mal, et elle pouvait avancer un peu plus vite. Pourtant, il pleuvait encore, peut-être même plus qu'avant. Ils étaient déjà trempés, évidemment, et s'ils n'attrapaient pas au moins un gros rhume, ils auraient de la chance. Pourtant, ce n'était pas une raison pour être encore plus trempés que ce qu'ils n'étaient déjà. « Attend, juste une minute », lui dit-elle alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le couvert des arbres. Elle s'arrêtait alors et lâcha Alexandre. Tentant de tenir tant bien que mal sur une seule jambe, son autre pied soulevé à quelques centimètres du sol, elle détacha sa cape de sorcière pour permettre à Alexandre de s'abriter dessous tout autant qu'elle. Il faisait beau, tout à l'heure, et pas tous les élèves n'avaient avec eux leur cape.


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Alexandre Wojcinski
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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Ven 15 Juil 2016 - 4:46

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Une fois qu'il eu terminé de dire ce qu'il pensait, il se rendit compte que ce n'était peut être pas une bonne idée. Surtout en voyant la mine de la jeune fille. C'était donc une question rhétorique... Puis Hope enchaîna en le questionnant. Terrain glissant pour Alexandre qui n'était ni habitué ni un adepte quand il s'agissait de parler de lui. Rester dans un coin et regarder les gens interagir pour mieux les comprendre, ça oui. Il était même devenu doué pour cerner les gens et leur vraie nature à force de pratique. Mais parler de lui ? Il s'était laissé aller et elle voulait maintenant qu'il réponde à ses questions, malheureusement. Il regrettait déjà la familiarité avec laquelle il avait agit et cherchait des réponses à offrir à Hope. Rien qui ne soit trop révélateur et seulement des semis vérités, de préférence.  « Je... ».

Il s'apprêtait à dire qu'il n'était pas important, mais la stratégie était mauvaise. Elle lui demanderait ensuite pourquoi et même s'il avait ses raisons de le penser, il voulait éviter d'approcher ce sujet. Mais maintenant qu'il avait commencé à parler, il devait vite continuer pour ne pas paraitre encore plus bizarre. Qu'est-ce qu'il pourrait bien dire ne soulevant pas trop de question et ne donnant pas l'impression qu'il s’apitoyait sur son sort pour avoir de l'attention ?  « Je... ne suis pas vraiment fais pour ça je crois. J'ai toujours été plus à l'aise seul, c'est plus simple ainsi. »
D'un côté il ne mentait pas et de l'autre, il avait réussi à ne pas en dire trop. Parfait, sauf si elle se mettait à creuser plus. Les deux jeunes avaient été l'un comme l'autre quelque peu méchants avec l'autre. Même si d'après Alexandre, Hope était en tête grâce à Gabrielle, lui aussi avait parlé d'une manière peu respectable. Chose étonnante et qui ne lui était arrivé que très peu jusqu'ici, lâche et souhaitant éviter les problèmes comme il était, mais là... elle avait été loin et le choc d'apprendre que l'école entière parlait de lui et de sa vie de famille, les deux combinés avaient fait déborder le vase. Pour quelques minutes, du moins.

La discussion se poursuivit, survola plusieurs sujets pour qu'enfin les deux élèves affrontent la réalité : Ils ne pouvaient pas rester là indéfiniment sous la pluie. La blessure n'allait pas se soigner d'elle-même, du moins pas dans l'immédiat. Il connaissait la sensation de douleur qu'elle pouvait ressentir et comprenait qu'elle hésite tant à se mettre en marche. Alors, aussi peu enclin qu'il puisse être concernant les contacts physiques, il fit ce qu'il avait à faire. Hope était légère et la soutenir n'était pas bien compliqué. Et son parfum... Bref. S'il avait eu un peu peur qu'elle le prenne mal et le repousse, bloquant ainsi de nouveau la situation, il n'en fut rien et elle joua le jeu. Juste quand les deux jeunes élèves allaient se mettre en route, elle lui demanda d'attendre ce qu'il fit, docile. Alexandre la regarda faire, ne comprenant pas bien ce qu'elle faisait. Pourquoi détachait-elle sa cape de sorcière alors que le ciel lâchait sur eux ce qui semblait être l'équivalent d'un océan ? Il resta quelques secondes, interloqué et indécis avant qu'elle finisse par lui faire signe de se réfugier dessous. C'était... inattendu. Gentil. N'étant plus à ça près, proche d'elle comme il était déjà, il la laissa de nouveau prendre appui sur lui et s'abrita sous la cape de la jeune Serpentard. « Merci. » Comme pour lui prouver sa gratitude, il la soulagea encore un peu en prenant plus de poids sur ses épaules et ainsi lui faciliter encore plus la tâche. Finalement l'héritière Westminbrook n'était pas comme il l'avait cru jusqu'ici. Peut être. Ses fréquentations par contre étaient mauvaises, ça il en était certain. Entre ça et le fait qu'il savait maintenant que les autres élèves en savaient déjà trop sur sa vie, la journée avait été bien plus riche en événements que ce à quoi il avait été habitué jusqu'ici. Espérons que demain soit plus tranquille. Que demain, on l'oublie à nouveau... La tête dans ses pensées et n'écoutant que le bruit de la pluie, il se mit en marche avec la Serpentard pour rejoindre le château et l'abri de ses murs.  « Une fois sur place, nous irons directement voir à l'infirmerie. Madame Pomfresh devrait soigner ça en quelques minutes à peine, je pense. Tu iras mieux après, tu verras. »

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MessageSujet: Re: I lived for lies, lived for tales, lived for good and hit the rails, love you, boy, with what I know, hid that love up with my bones.   Ven 22 Juil 2016 - 16:13







Mercredi 7 mai 1997, aux alentours de 15h30, à la lisière de la forêt interdite.


Il pleuvait tellement qu'il était absolument impossible de retourner au château sans être trempé jusqu'aux os. L'orage faisait rage sur le domaine et ils mirent alors bien plus de temps que prévu pour regagner Poudlard. Hope avait détâché sa cape de sorcière pour la passer également sur les épaules d'Alexandre, et tout doucement, ils retournaient vers les grandes portes de l'école. Ils n'allaient évidemment pas vite, bien sûr, car leurs pas sur la pelouse trempée étaient ralentis par la terre boueuse. Leurs pieds trempaient dans les flaques d'eau sans qu'ils ne puissent y faire quoi que ce soit, et Hope se contenta de hocher la tête lorsque Alexandre lui dit qu'il faudrait aller à l'infirmerie une fois au château.

Enfin, ils arrivèrent. Bien à l'abri dans le Hall de l'école, ce n'est qu'à ce moment-là que Hope réalisa le triste état dans lequel ils se trouvaient. Ses longs cheveux noirs étaient trempés, tout comme son uniforme aux couleurs de Serpentard, et ses chaussures et ses chaussettes étaient couvertes de boues, tandis que des traces de terres avaient sali ses jambes et le bas de sa jupe. Et puis elle tremblait aussi un peu, à cause de la pluie mais surtout de l'humidité - son uniforme était trempé. « Nous sommes enfin à l'abri ! », s'exclama-t-elle, soulagée d'avoir enfin rejoint l'école. Elle ne chercha toutefois même pas à se rendre plus présentable ; sa cheville lui faisait trop mal et puis Alexandre n'était pas dans un bien meilleur état qu'elle.

Elle récupéra sa longue cape et c'est alors qu'elle aperçu une amie à elle, non loin de là, qui remontait des cachots. La jeune fille était surprise de voir Hope, surtout en compagnie de ce jeune garçon, mais ne dit rien et attendit son amie. « Je vais me débrouiller à présent », dit-elle à Alexandre, un peu gênée. « Merci pour tout et... ». Elle hésita un peu et reprit tout doucement : « Je te remercie de tout coeur ». Et, comme la jeune fille qui venait d'arriver dans le Hall s'était aperçue que Hope avait du mal à marcher, elle était venue à sa rencontre et l'avait accompagnée jusqu'à l'infirmerie.


Fin.



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